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 Le Che, 40 ans après sa mortVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

Le Che, Ange ou Démon ?
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C'était un assassin et un dangereux terroriste
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C'est devenu une image seulement bonne à illustrer T-Shirt et posters d'ados qui ne savent même pas qui il était vraiment
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C'est une icône : on la regarde avec tendresse mais son message est dépassé
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C'est un symbole de la resistance à l'impérialisme
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C'est un symbole de liberté et de justice pour tous les opprimés
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C'est mon modèle
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Total des votes : 3
 

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roger-le-Routier

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MessageSujet: Le Che, 40 ans après sa mort   Jeu 11 Oct à 13:49

En cette date quasi anniversaire de la mort du Che, j'ai jugé intéressant de vous faire lire cet article et de vous demander ce que vous pensiez du fameux guerilléro.

alain raphaël - Agoravox a écrit:


Mercredi 10 octobre,

La parution du livre de Jacobo Manchover "La Face cachée du Che" alimente désormais la controverse autour du personnage politique qu'était le "Che". Homme de liberté ou vulgaire boucher comme l'indique le livre ? En effet, tour à tour révolutionnaire engagé, puis exécutant des basses oeuvres, "El commandante" était un homme apparemment comme tous les autres, capable de se laisser dépasser par ses passions et de commettre des exactions terribles.

Le 9 octobre 1967, plusieurs salves de mitraillettes retentissent dans le tranquille hameau de La Higuera perché sur la montagne bolivienne provoquant la mort d'Ernesto Rafael Guevara de la Serna plus connu sous le nom de "Che guevara". Cette mort va donner naissance à un mythe, le mythe du "Che", icône incontournable de toute sorte de révolution et symbole des luttes pour le droit des personnes opprimées aussi bien par les excès du dirigisme que par certaines politiques mercantiles. Mais qui était le "Che", un véritable individu altruiste comme il peut apparaître dans le film de Walter Salles Carnets de voyage, ou un monstre sanguinaire tel que peut le raconter Jacobo Machover dans son livre La Face cachée du Che.

Derrière l'image charismatique de l'homme au béret noir étoilé, on découvre un personnage féroce, intransigeant, terrible, imprégné d'un esprit révolutionnaire plus proche du totalitarisme outrancier que du combat idéologique nécessaire aux droits fondamentaux des personnes. On peut dès lors se demander si la force de communication castriste n'a pas été le corollaire de ce "mouvement che-guevariste" que des millions de personnes traduisent à travers la photo immortalisé d'Alberto Korda, et si malheureusement la réalité n'a pas rattrapé la nature de l'homme, aveuglé par le combat idéologique qui pouvait être mené.

Message politique pour les uns, produit marketing pour les autres, "El commandante" n'a laissé personne indifférent, partagé autour de visions vertueuses et sublimes sans chercher à connaître les défauts de l'homme engagé dans la spirale insurrectionnelle aux formes bien souvent brutales. Certes les révolutions appellent malencontreusement la violence, certes le combat pour les libertés et la Liberté sont difficiles sans souffrances et sans haines, mais elles ne doivent pas se transformer à leur tour en autoritarisme décalé de leur cause. La situation cubaine en est un exemple éclatant, la révolution castriste s'étant transformée en régime autocratique implacable et pénible pour les habitants de ce pays promis à des jours plus heureux. S'interroger sur le masque du pouvoir, sur la mutation individuelle nous montre que si certaines vérités ne sont pas toujours bonnes à dire, elles sont malgré tout salutaires à faire mieux vivre, à comprendre les dessous de la nature humaine qui semble devenir dangereuse lorsqu'elle est investie de trop de passion, de trop d'ardeur.

Ce contraste saisissant entre l'icône libérale du "Che" et le comportement humain d'Ernesto que lui prêtent certains témoignages démontre qu'au-delà des apparences demeure toujours une incroyable réalité sombrant trop souvent dans une occultation situationnelle. On peut imaginer que l'itinéraire révolutionnaire a apporté son lot de mutation métamorphosant le bon et le brave en mal et en cruauté. En effet, Machiavel dans Le Prince, analysait déjà cette obligation à se comporter durement en indiquant : "Il faut comprendre ceci : un prince, surtout un prince nouveau, ne peut observer toutes les qualités pour lesquelles les hommes sont reconnus bons, parce qu'il est souvent contraint, s'il veut préserver ses possessions, d'agir contre la parole donnée, contre la charité, contre l'humanité, contre la piété. Ainsi, il faut qu'il ait l'esprit disposé à se tourner dans le sens que commandent les vents de la fortune et les variations des choses, et, comme je l'ai dit plus haut, ne pas s'écarter du bien s'il le peut, mais savoir entrer dans le mal, s'il y est contraint".

En conséquence, le héros libéral que pouvait représenter le "Che" n'était pas exempt de comportement illégitime ou de faits d'exaction en décalage avec son amour envers le genre humain puisque ne l'oublions pas il était médecin de formation, et non un vulgaire militaire ou un triste guérillero. Il est donc intéressant de voir la part d'ombre qui peut régner en chaque individu, et qu'il existe un certain nihilisme dans les causes les plus profondes et les plus respectables.

Loin de porter un jugement iconoclaste et sectaire, il faut tout de même regarder les agissements des grands hommes en dissociant l'apport positif de l'apport négatif qu'ils ont pu développer, car affronter la réalité dans un monde où tout est façonné, où tout est fabriqué, où tout est supposé peut s'interpréter comme une bonne chose, la limite entre le mythe et la mystification étant très mince, et réservant des surprises quelquefois désagréables pour les combattants de l'ordre et de la liberté.
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roger-le-Routier

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MessageSujet: Re: Le Che, 40 ans après sa mort   Ven 12 Oct à 11:00

Sinon, histoire de vous finir de vous faire une opinion, vous pouvez aussi consulter cet article :

Patrick Bard, écrivain, photographe a écrit:
La Face cachée du Che, ou la caricature sous le masque de l’histoire.


L’omniprésence télévisuelle de Jacobo Machover, auteur de la Face cachée du Che, n’est guère surprenante dans le climat de servilité ambiante des zélateurs d’un régime pressé d’en finir avec les héritages de 68. Nous devons pourtant à la vérité de dénoncer l’imposture d’un livre où la caricature avance masquée sous le visage de l’histoire.

Dans son ouvrage, J. Machover nous décrit un Guevara tortionnaire, stalinien. Il dénonce un mythe forgé par une photographie et par l’aveuglement des intellectuels, particulièrement des Français. Faux. De son vivant déjà, la moindre apparition publique de l’Argentin provoque des émeutes. Il suffit de revoir son intervention en Algérie, précédée d’interminables minutes d’applaudissement, pour le comprendre. Mythique, il l’est alors car la révolution cubaine fait encore rêver. Parce qu’il en est l’ambassadeur incorruptible.

La complaisance française, voilà bien l’autre cheval de bataille de Machover. Il accuse Pierre Kalfon de minimiser le rôle de Guevara dans les exécutions prononcées par les tribunaux révolutionnaires, alors que début 59, le Che commandait la forteresse de la Cabana, à La Havane. Faux encore. Citons Kalfon dans sa biographie du Che : « Guevara, dans son intransigeance radicale à la Saint Just, a veillé au bon déroulement des exécutions sans guère éprouver d’état d’âme. » Les exécutions, morceau de bravoure d’un livre qui détaille par le menu les turpitudes du Dr Guevara et de M. Che savourant avec un zèle sadique le spectacle de la mort ?

Le témoin de la scène s’appelle Dariel Alarcon Ramirez, dit Benigno, compagnon de combat de Guevara, réfugié à Paris depuis 1996. Benigno est cité tout au long du livre. Sur le Congo, sur la peur que lui inspira le Che. Problème. S’il ne fait aucun doute que l’homme combattit jusqu’au bout aux côtés du Che en Bolivie, il n’apparaît sur aucune photographie, aucun rôle de la guérilla cubaine au Congo. Pour le Mexicain Paco Ignacio Taïbo II, sa présence y est plus qu’incertaine. Plus troublant, il y a quelque mois, j’ai réalisé avec Benigno un entretien filmé, enregistré, devant témoins. Il y parle de l’admiration qu’il a pour le Che. À qui Benigno dit-il la vérité ? Jamais au demeurant Machover ne nous éclaire sur ce qui motiva les peines capitales. Je rappellerai l’épisode de cette femme de Sancti Spiritus qui, voyant des sbires de Batista abattre des enfants cachés dans un arbre, leur désigna un gamin planqué dans les branches et qu’ils avaient négligé. Lorsque de tels individus comparurent devant les tribunaux révolutionnaires, ils ne connurent guère la clémence. Mais Guevara n’exerça aucune magistrature, dans aucun tribunal.

Pour en finir avec l’aura d’intellectuel du Che, Machover lui impute les tourments infligés à Padilla, un auteur emprisonné par le régime cubain en 1971. Guevara était mort depuis quatre ans ! L’histoire a posteriori est le péché mortel de l’historien… Enfin vient la controverse avec Leon Felipe, grand poète espagnol exilé au Mexique, qui toujours aurait refusé de rencontrer le Che en raison de son intransigeance idéologique. Faux, encore et toujours. Guevara et Felipe se sont rencontrés, à Mexico, en 1956, devant un témoin peu suspect de complaisance, Ricardo Rojo, qui s’attarde sur l’anecdote des semelles également trouées des deux hommes. Elle est interminable, la liste des erreurs, allégations, exagérations de l’ouvrage de monsieur Machover, à qui nous donnons cependant acte que nous n’avons à ce jour aucun indice d’une quelconque divergence politique entre Castro et le Che. L’un a duré, l’autre s’est consumé.

Nous lui donnons acte de ce que nous savions déjà par le Che lui-même. Il abattit bien Eutimio Guerra qui livrait au camp de Batista des informations sur la guérilla. Notre propre histoire, celle de la Résistance française, nous l’a appris. En temps de guérilla, les traîtres sont promptement jugés et exécutés. La belle révélation que voilà ! Toute mise en oeuvre de la peine de mort est un crime. Notre pays a connu suffisamment de révolutions violentes et d’épurations pour réduire notre naïveté. La justice révolutionnaire peut être expéditive. Elle peut broyer, aux côtés des anciens bourreaux, d’innocentes victimes de la rumeur. Nous n’avons pas pour autant renoncé à 1789, ni aux acquis de la Libération. Ernesto Guevara fut homme de chair et d’os, perfectible, forgé par des circonstances que nous voudrions d’un autre temps. Il aima combattre. L’asthmatique appréciait l’adrénaline. La modestie et l’honnêteté sont nos devoirs devant l’histoire. Replaçons celle-là dans son contexte. Celui d’une époque où la France elle-même croyait aux vertus de la guillotine, où Bastien Thierry qui avait raté de Gaulle lors de l’attentat du Petit-Clamart fut guillotiné. Nous avons rencontré Eduardo Torrico, membre des forces spéciales boliviennes qui combattirent le Che en 1966-1967. Nous le laisserons conclure : « Nous ne craignions pas d’être capturés par le Che. Il avait la réputation de traiter ses prisonniers avec humanité. » Il est loin, le cool killer de Machover.
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Tortue




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MessageSujet: Re: Le Che, 40 ans après sa mort   Mar 16 Oct à 10:45

J'ai beaucoup de mal à choisir quoi voter à ton sondage Roger. Un symbole de résistance ? Oui, mais dans le contexte que vivait Cuba à cette époque.

C'est facile de faire ressortir le côté executeur du Ché, mais il ne faut pas oublier que c'était un pays en guerre qui résistait à un occupant. Depuis quand les guerres produisent-elles des anges ?
Juge t-on les généraux français qui ont eux aussi ordonnés des massacres pendant les guerres ?
Je crois que les mieux placés pour le juger ce sont les cubains, et eux ce n'est pas un tueur sanguinaire qu'ils voient, mais un libérateur. Et de quel droit devrions nous aller contre leur avis, nous n'avons pas vécu cette période à leur place ?

Voici un courrier écrit par la fille du Ché et qui a été publiée dans l'hummanité. Ce texte aussi est très parlant :

Citation:
Lettre ouverte de la fille d’Ernesto Che Guevara (extraits)

CCher lecteur de l’Humanité,

Nous avons rarement l’occasion d’exposer nos idées et nos préoccupations dans un espace ouvert au grand public de cette partie du monde. Le journal l’Humanité m’offre cet espace dans le cadre de son centième anniversaire. Je l’en remercie. Je suis médecin cubaine, pédiatre, spécialisée en allergie et travaille à l’hôpital William-Soler à La Havane. J’ai quarante-trois ans, je suis divorcée, j’ai deux filles adolescentes qui remplissent ma vie de leur amour, leurs rires, leurs craintes. Et puis je suis fille de Che Guevara. J’ai cet honneur, bien que je me présente souvent comme un " accident génétique ". (…) L’important n’est pas de qui on est l’enfant (ce n’est pas un mérite acquis par nos efforts), l’important est d’être utile à son peuple. Je suis réaliste. Si je peux entamer cette conversation avec vous, c’est parce que je suis la fille d’un homme de dimension universelle. Mais, croyez-moi, ce qui me rend le plus heureuse c’est de pouvoir dire que je suis cubaine !

J’ai eu une enfance tranquille et joyeuse, comme n’importe quel enfant de mon pays. La présence de mon père a toujours été très forte car nous étions les enfants d’un homme et d’une femme qui s’aimaient dans toute la grandeur de l’amour. Et bien qu’il n’ait pu profiter longtemps de la vie familiale, ma mère, à travers ses souvenirs et sa tendresse, nous a toujours fait sentir la présence de notre père. Ma mère n’a jamais utilisé l’image de papa pour obtenir quelque chose de nous. Au contraire. Elle a soigné son image et a réussi pendant toute notre enfance à nous éviter le sentiment de manque de notre père. Nous avons grandi avec lui. C’est pourquoi, quand j’ai réalisé l’an passé un documentaire sur mes souvenirs d’enfance, je l’ai dédié à ma mère qui nous a appris à aimer.(…)

Savez-vous comment on défend de la meilleure façon un peuple comme celui de Cuba ? En disant nos vérités, en essayant par tous les moyens de rompre avec l’hégémonie des grands moyens de communication et des transnationales au service des grandes puissances économiques qui ne disent que la moitié de la vérité et parfois des mensonges grossiers. Malheureusement, beaucoup de personnes les croient et je vous assure que je rencontre fréquemment des murs de silence ou - ce qui est pire - l’incrédulité des gens.(…)

J’ai toujours pensé que le gouvernement des États-Unis maintenait son blocus à cause de la nature de notre société, de son caractère socialiste. J’ai découvert que l’ambition des États-Unis d’être les maîtres de notre île remontait à longtemps. Il y existe un document datant de 1878 dans lequel un amiral de la flotte de guerre américaine décrit les Cubains et le danger qu’il y aurait à rallier l’île de Cuba aux États-Unis sans l’avoir préalablement " purifiée ". Pour cela, rien de mieux qu’un blocus de l’île pour faire mourir de faim et de maladie son peuple avant de terminer le travail aux canons.(…)

Pourquoi le blocus ? Saviez-vous qu’après avoir lutté de longues années contre l’empire espagnol et alors que nous avions pratiquement gagné la bataille, les États-Unis sont entrés par la porte de derrière mettant en déroute la flotte espagnole. Nous sommes alors vendus au vainqueur comme si nous étions une simple marchandise. Nous avons continué à être soumis à une puissance étrangère. Un million deux cent mille hectares de la meilleure terre cubaine sont passés aux mains de compagnies états-uniennes, notre industrie laitière, notre banque était tenue par eux, leur ambassadeur dirigeait la politique du pays et rien ne se passait à Cuba sans son aval. Autrement dit, rien ne se faisait sans l’accord des États-Unis. Ils étaient les maîtres de Cuba. Les gouvernements tyrans dans mon pays passaient d’un parti à l’autre. Si les États-Unis diagnostiquaient une colère populaire contre un gouvernement, ils favorisaient cette colère jusqu’à pouvoir placer un nouveau parti politique au pouvoir, par les élections, voire par un coup d’État si le temps manquait. Tous ces partis étaient aussi vendus et corrompus les uns que les autres.(…)

En janvier 1959, la révolution triomphe et, là, commencent d’autres problèmes. Voyons. Si un peuple dudit " tiers-monde " décide de changer sa vie, d’améliorer sa société, de quoi a-t-il besoin en premier lieu ? De pouvoir économique. Qui peut le lui donner ? Lui-même. Comment ? En étant maîtres de ses richesses et en pouvant convertir en bénéfice propre la production du peuple. Comment obtenir cela ? En nationalisant. Qui a été lésé ? Les grandes transnationales impérialistes.(…)

Avec la révolution, les choses changent. Et parce que nous devenions maîtres de nos richesses, les sanctions ont commencé à pleuvoir. Les États-Unis ont refusé d’accepter nos indemnisations (notre argent n’avait pas de valeur pour eux) et ils pensaient que le nouveau processus social cubain était transitoire. Ensuite, ils ont tenté de nous enlever nos techniciens et nos professionnels. Finalement, nous devions tout recommencer de zéro.

Nous avons résisté sans laisser de place aux doutes, mais, plus encore, nous avons développé le pays, les conditions de santé se sont améliorées. Les Cubains disent qu’ils vivent comme des pauvres et meurent comme des riches, parce que leur système de santé est aujourd’hui l’un des meilleurs et des plus performants du monde. L’éducation s’est améliorée : aujourd’hui nous sommes un peuple cultivé et nous poursuivons nos efforts pour augmenter le niveau moyen de scolarité. Santé et éducation sont totalement gratuites pour l’ensemble du peuple, et quel que soit le niveau d’éducation, la seule exigence faite à un jeune pour pouvoir continuer les études est celle de ses compétences intellectuelles.

(…) Cher lecteur, imaginez un instant que tous les peuples dudit tiers-monde décident de suivre l’exemple de Cuba. Que se passerait-il avec le " premier monde " si ces peuples ne permettaient plus le vol de leurs ressources ni l’exploitation de leurs forces de production ? S’ils exigeaient le respect, l’égalité et des transactions à égalité de conditions ? Vous êtes en train de comprendre pourquoi nous subissons le blocus et pourquoi, durant toutes ces années, mon peuple a été agressé et calomnié par le gouvernement des États-Unis d’Amérique. Cuba est un mauvais exemple pour les riches, un rêve fait réalité pour les pauvres.(…)

Selon l’ONU, le monde compte 830 millions d’affamés, 1,2 milliard de personnes vivent dans l’indigence, 850 millions d’adultes sont analphabètes. Le monde compte 40 millions de sidéens ou séropositifs, dont 26 millions en Afrique. 11 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent tous les ans de maladies qu’on pourrait prévenir, 500 000 enfants deviendront aveugles cette année par carence de vitamine A.

L’écart entre les pays riches et les pays pauvres était de 37 fois en 1960 ; en 1992, il était de 60 fois et il est maintenant de 74 fois.

LLes 20 % les plus riches de la planète consomment 86 % de la production mondiale ; les 80 % restants à peine 14 %. Ces 20 % détiennent 74 % des téléphones, 84 % du papier, 87 % des véhicules et 93 % des connexions Internet. Et savez-vous que 15 millions d’hectares (4 fois la superficie de la Suisse) sont victimes tous les ans de la désertification ?

Pouvez-vous accepter ces choses ? Alors que fait-on ? Comment pouvons-nous améliorer les conditions de vie de la grande majorité de l’humanité ?

Cuba pense que les moyens existent. Où les trouver ? Voilà ce que nous proposons :

Prélever un impôt de 0,1 % sur chaque opération spéculative, ce qui rapporterait 400 milliards de dollars tous les ans.

Annuler totalement la dette extérieure des pays pauvres, ce qui leur permettrait d’économiser 330 milliards de dollars tous les ans. Réduire de moitié les dépenses militaires, ce qui permettrait de verser tous les ans 400 milliards de dollars à un fonds des Nations unies pour combattre la misère.

QQue les pays riches tiennent leur engagement d’apporter 0,7 % de leur PIB au titre de l’aide publique au développement : la moyenne actuelle n’est que de 0,2 %, et les Etats-Unis n’en apportent que 0,1 %. (…)

Nous avons réellement fait des choses par nous-mêmes. Quelques exemples : 40 000 jeunes boursiers du tiers-monde, dont 30 000 Africains, ont conclu leurs études à Cuba. Cuba accueille actuellement 13 000 jeunes boursiers de plus de 100 pays, dont 8 000 comme élèves de médecine (6 000 à l’école latino-américaine de sciences médicales). 200 000 Cubains ont travaillé comme coopérants civils à l’étranger. Presque 3 000 médecins cubains travaillent gratuitement dans 21 pays. Nous pouvons et devons faire beaucoup plus. C’est pourquoi nous avons besoin de votre solidarité. En définitive, le Che avait raison lorsqu’il demandait aux jeunes Cubains : " Soyez essentiellement humains, soyez le tant que vous vous rapprocherez du meilleur de l’humain, purifiez le meilleur de l’homme par le travail, l’étude, l’exercice de la solidarité permanente avec le peuple et avec tous les peuples du monde, développez au maximum votre sensibilité jusqu’à en être angoissés quand on assassine un homme quelque part dans le monde et pour être enthousiasmés quand quelque part dans le monde s’élève un nouveau drapeau de la liberté. "

Aleida Guevara

Traduction : Aurora Medina

Source : l'Humanité
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roger-le-Routier

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MessageSujet: Re: Le Che, 40 ans après sa mort   Mar 16 Oct à 11:58

Je me suis prononcé à l'instant, mais j'attendiez que vous le fassiez avant pour ne pas influancer vos votes.

La "polémique" actuelle me fairait rire si elle ne me donnait pas autant envie de vomir. Il est difficile de ne pas repenser à la fameuse phrase de sarkho "il faut liquider l'héritage de mai 68" (et sous entendu ses méssages et ses symboles) au moment où sort cette "oeuvre littéraire".

Le Ché n'était pas un ange, c'est certain. Il a tué ou fait tué des gens... comme De Gaulle ou Jean Moulin. Jacobo Manchover commettra-t-il une autre production pour tenter d'abbattre ces 2 autres symboles de la résistance à la dictature ? J'en doute. S'il s'y risquait, on peut lui conseiller de faire son travail avec professionnalisme et objectivité, cette fois, en ne leur attribuant pas des actes commis 4 ans après leur mort comme il l'a fait pour le Ché. C'est étonnant mais personne n'a relevé cette abbération dans les (trops) nombreuses émissions littéraires dans lesquelles il s'est illustré...
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MessageSujet: Re: Le Che, 40 ans après sa mort   Sam 20 Oct à 11:10

Comme tu le dis, beaucoup d'incohérence. Mais c'est un fait que les livres d'histoire sont écrit en fonction de ce que l'on veut que les hommes retiennent.
J'ai vu dernièrement l'interview d'un compagnon d'arme du Ché, je n'ai pas retenu son nom je ne sais pas si il s'agit de Dariel Alarcon Ramirez cité plus haut ou d'un autre. Cet homme qui disait avoir suivi le Ché dans tous ses combats disait être horrifié par les tueries du Ché !?! Mais alors pourquoi l'a t'il suivi dans tous ses combats ? N'est-il pas par voie de conséquences aussi coupable de ce dont il accuse le Ché ? jamais le journaliste ne lui a posé la question. L'homme, très agé, paraissait réciter un texte dicté à l'avance. C'en était écoeurant tellement cétait flagrant !

Bon finalement j'ai voté un symbole de résistance, c'est ce qui correspond le mieux à mon idée.
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