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 Mesrine 1ere partie : l'instinct de mort

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roger-le-Routier

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MessageSujet: Mesrine 1ere partie : l'instinct de mort   Ven 31 Oct à 10:17

Ab­sent des écrans de­puis son in­cur­sion aux Etats-​Unis pour le re­make d'As­saut, Jean-​Fran­çois Ri­chet re­vient en force cette année, avec non pas un, mais deux films consa­crés au cé­lèbre bra­queur Jacques Mes­rine. Le pro­jet est dans l'air de­puis 2001, et Vincent Cassel a failli lais­ser place dans le rôle-​titre à Benoît Magimel ou Vincent Elbaz (qui s'est rat­tra­pé avec Le dernier gang) : l'acteur avait en effet trouvé le 1er scénario trop hagiographique. Ins­pi­ré des dif­fé­rents livres écrits par Mes­rine lui-​même et ses bio­graphes (L'ins­tinct de mort, Cou­pable d'être in­no­cent...), tour­né en neuf mois d'af­fi­lée, le dip­tyque re­trace en deux temps sa mon­tée en po­pu­la­ri­té et ses coups d'éclats mé­dia­tiques... L'ins­tinct
de mort sort cette se­maine, et la suite ar­rive le mois pro­chain sous le titre L'en­ne­mi pu­blic n°1.

Re­ve­nant d'Al­gé­rie en 1959, Jacques Mes­rine (Vincent Cas­sel) choi­sit de suivre son ami Paul (Gilles Lel­louche) dans ses ac­ti­vi­tés de cam­brio­lage plu­tôt que de tra­vailler hon­nê­te­ment comme ses pa­rents le vou­draient. L'autre "grand Jacques" y voit également là l'occasion de se démarquer de son père qu'il juge trop conformiste et prêt à tout accepter, même le STO. Après avoir exé­cu­té quelques coups pour l'in­quié­tant Guido (Gérard Depardieu), le jeune homme se re­trouve une pre­mière fois en pri­son. Mais rien ne saura ja­mais as­sa­gir ce chien fou, avide de li­ber­té et de po­pu­la­ri­té, ca­pable des pires vio­lences pour faire res­pec­ter sa no­tion toute per­son­nelle de l'hon­neur.

Dès l'ou­ver­ture, Ri­chet an­nonce la cou­leur par un pan­neau : on ne peut of­frir de la vie d'un homme qu'une vi­sion for­cé­ment biai­sée, in­com­plète, par­tiel­le­ment fausse et sou­mise en l'oc­cur­rence aux lois de l'adap­ta­tion ci­né­ma­to­gra­phique. Cette dé­cla­ra­tion, le réa­li­sa­teur l'illustre de façon in­ven­tive quoique peu fi­naude, en mon­tant un gé­né­rique de début à l'aide d'un split-​screen qui pré­sente dif­fé­rentes prises des mêmes plans ; Cas­sel est mon­tré re­ti­rant ses lu­nettes de la main gauche et de la main droite au même mo­ment, etc. La vé­ri­té est floue, su­jette à in­ter­pré­ta­tion, etc. Si be­soin était de rap­pe­ler ce pos­tu­lat, la pré­sence ré­pé­tée de mi­roirs au cours du film rap­pel­le­ra au spec­ta­teur que la vi­sion des choses dé­pend de l'en­droit où l'on se place... Une idée de réa­li­sa­tion parmi d'autres, dans un film qui est loin d'en man­quer et se ré­vèle par­fois à la li­mite du tape-​à-​l'œil. De toute évi­dence, le but est de pro­po­ser un polar ner­veux, ef­fi­cace, violent (cer­taines scènes sont d'une cruau­té à faire grin­cer des dents) et ha­bi­té de quelques for­mules-​choc sus­cep­tibles d'être re­prises par les fans et / ou une certaine catégorie de public prête à glorifier le 1er Scarface venu (« De­hors ou mort », « Per­sonne me tue tant que je l'ai pas dé­ci­dé »...).

Pour­tant, la ques­tion qui flot­tait à l'an­nonce du film reste cu­rieu­se­ment en sus­pens : Mes­rine y est-​il glo­ri­fié ou pré­sen­té comme un bougre de sa­lo­pard psy­cho­tique ? Ni le réa­li­sa­teur ni l'ac­teur ne semblent ca­pables d'opter pour un point de vue clair à ce sujet, et c'est peut être là l'une des principale force (ou faiblesse selon certains) du film, qui laisse le spectateur seul juge des faits ennoncés : Si la pre­mière par­tie du film n'hé­site pas à mon­trer le per­son­nage dan­ge­reu­se­ment im­pul­sif, al­lant jusqu'à d'in­quié­tants em­por­te­ments avec sa pre­mière femme, la deuxième semble oc­cul­ter plu­sieurs élé­ments pour se concen­trer sur le côté « Bon­nie & Clyde » de son couple avec Jeanne Schnei­der (Cécile De France), suivi d'une ap­proche « Robin des Bois au Ca­na­da » qui rend le bon­homme for­cé­ment sym­pa­thique. Les el­lipses, que leur ob­jec­tif soit ou non de pré­sen­ter les évè­ne­ments sous un cer­tain angle, fi­nissent par s'avé­rer un peu per­tur­bantes dans leur vo­lon­té d'évi­ter des épi­sodes im­por­tants, sim­ple­ment trai­tés par le mé­pris. Quid de la pre­mière ar­res­ta­tion de Mes­rine, du dé­part de sa femme ? Ces événements pourtant marquants de la vie du truand seront ils repris dans une version longue spéciale DVD comme c'est l'usage actuellement ?

Ce thril­lerjouit pour­tant d'une belle éner­gie (on ne voit pas passer les 1h50) et d'une in­ter­pré­ta­tion sans faille (no­tam­ment De­par­dieu, im­pé­rial et mas­sif en par­rain mère-​poule mais sa­dique et Cassel, tout simplement habité par son rôle). Mais on dé­plore ce sen­ti­ment de sur­vol qui ha­bite parfois le film, et sur­tout une fin com­plè­te­ment abrupte qui donne l'im­pres­sion que la deuxième par­tie va ar­ri­ver juste après un en­tracte... alors qu'il fau­dra l'at­tendre un mois !
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Mesrine 1ere partie : l'instinct de mort

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