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Mario Lemieux : son histoire

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Maxeric

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MessageSujet: Mario Lemieux : son histoire   Mar 20 Sep à 9:32

Citation:
Super Mario
Avant tout, Mario Lemieux est un champion de la vie

par Robert Kiener



Les pingouins de pittsburgh terminent leur séance d’entraînement au Mellon Arena. Le visage ruisselant de sueur, les joueurs se dirigent droit vers le vestiaire. Mais Mario Lemieux, 36 ans, propriétaire et joueur vedette de l’équipe, l’étoile la plus étincelante au firmament de la Ligue nationale de hockey, rejoint le supporter très spécial qui l’attend près de la bande.

Avec Mario Lemieux, tout est plus grand que nature. De ses 1,93 m et 105 kilos, il domine la plupart des joueurs de la LNH. Au 9e rang des meilleurs marqueurs de l’histoire, il compte trois trophées du joueur le plus utile, six championnats des marqueurs et deux Coupes Stanley. C’est aussi le seul joueur à avoir conservé une moyenne de deux points par match pendant toute sa carrière. Comme le dit Wayne Gretzky, «Mario est dans une classe à part».

Lemieux se penche et parle doucement à un petit bonhomme de neuf ans, Jake Eck, qui porte le fameux chandail 66 de son idole.

«Allons-y, Jake», dit-il, entraînant le garçon ébloui sur la glace. Pendant 30 minutes, les deux filent d’un bout à l’autre de la patinoire, s’échangeant la rondelle et tirant tour à tour vers le filet, défendu par Johan Hedberg, le gardien étoile des Pingouins. Parfois, Lemieux se penche et, comme un père à son fils, prodigue au garçon des conseils sur le maniement du bâton.

Jake est atteint d’une forme potentiellement mortelle de cancer du cerveau, un médulloblastome. La Fondation Fais-un-vœu l’a fait venir à Pittsburgh avec sa famille. Son crâne chauve sous sa casquette des Pingouins trahit les longs traitements de radio et de chimiothérapie qu’il a dû subir. D’autres séances l’attendent, pour tenter de stopper la terrible maladie.

Le garçon a exprimé le désir de patiner aux côtés de son idole, Mario Lemieux, qui est également son héros à l’extérieur de la patinoire: le grand joueur a lui-même dû affronter le cancer. «Je fais tout ce que je peux pour donner de l’espoir à ceux qui sont atteints par cette maladie», dit-il.

Après avoir rejoint Lemieux au vestiaire et engrangé les autographes, Jake déclare à un spectateur:

«Si Mario peut vaincre le cancer et dominer le hockey comme il le fait aujourd’hui, je peux m’en sortir moi aussi!»


La carrière éblouissante de Mario Lemieux est parsemée d’obstacles et de triomphes sur l’adversité. Né en 1965 à Ville-Emard, un quartier ouvrier de Montréal, il commence à patiner à l’âge de trois ans. «Ma mère me raconte qu’elle m’a installé sur la patinoire du quartier, avec une chaise pour me supporter. Après un tour, j’ai laissé tomber la chaise.» L’histoire du jeune prodige venait de commencer.

Adolescent, Mario pulvérise tous les records. Son sommet de 133 buts et 282 points en 70 matchs n’a toujours pas été dépassé dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Recruté par les Pingouins en 1984, alors derniers au classement, il s’attaque immédiatement aux records de la Ligue nationale, marquant un but à son premier match, sur son premier tir, à sa première présence sur la glace. Et il enlève le titre de recrue de l’année.

Mais, au moment même où Lemieux semble sur le point de dominer son sport comme jamais personne avant lui, son corps le trahit. Des maux chroniques au dos, résultat de divers problèmes dont l’arthrite et une hernie discale, le forcent à jouer avec une douleur quasi insoutenable, parfois si intense qu’il ne peut se pencher pour lacer ses patins. En 1990, il subit une opération importante où l’on procède à l’ablation d’un disque vertébral. S’ensuivent une infection postopératoire et quatre semaines d’alitement. Le résultat est favorable, mais la douleur ne disparaîtra jamais complètement.

«J’ai joué presque toute ma carrière avec ces maux de dos, dit-il. Mais il faut continuer à voir la vie du bon côté.»

Après l’opération, Lemieux s’absente du jeu pendant les 50 premiers matchs de la saison 1990-1991. Mais il fait sa rentrée et mène les Pingouins à leur première conquête de la Coupe Stanley. «Je n’ai jamais vu un joueur de hockey, en fait aucun athlète, subir tout ce qu’il a subi et revenir au jeu dans une forme aussi resplendissante», dit Ed Johnston, le directeur général adjoint des Pingouins.

Johnston connaît Mario depuis qu’il l’a vu jouer à l’âge de 12 ans. «Il est tout simplement différent des autres êtres humains.»


Mais jamais l’attitude optimiste de Lemieux n’allait être autant mise à l’épreuve qu’en ce matin de janvier 1993, lorsqu’il rencontre le médecin de l’équipe, le Dr Charles Burke. A 27 ans, il devrait être en pleine santé. Mais Burke et le Dr Steven Jones ont de mauvaises nouvelles à lui annoncer, après avoir procédé à la biopsie d’une petite bosse qu’ils ont trouvée dans son cou.

«C’est la maladie de Hodgkin… un cancer», dit Burke.

Lemieux écoute sans broncher; il n’en croit pas ses oreilles.

«La bonne nouvelle, c’est que nous l’avons décelé à temps et que ce cancer se traite bien.»

Lorsqu’il repense à ce moment, Mario confie:

«Je m’en souviendrai toujours : j’étais terrifié.»

Quand il rentre chez lui en voiture pour annoncer la nouvelle à Nathalie, sa compagne, il éclate en sanglots et doit se ranger au bord de la route. Deux de ses oncles sont morts du cancer, et un cousin de la maladie de Hodgkin.

Dès le lendemain, Lemieux passe à la contre-attaque. Lors d’une conférence de presse, il explique: «Je suis un optimiste et je vais le rester. Parfois, la vie vous réserve de mauvaises surprises, mais il faut passer au travers.»

Les traitements de radiothérapie l’épuisent. Mais, deux heures après sa dernière séance, le matin du 2 mars, il monte à bord d’un avion nolisé et revêt son équipement pour un match contre les Flyers de Philadelphie, les éternels rivaux des Pingouins.

Il porte un col roulé sous son chandail pour protéger son corps rendu sensible par les radiations. Sa tête affiche un petit croissant dégarni où on l’a rasé pour la thérapie. Il saute sur la glace et déclenche une longue ovation. Une fois de plus, Mario Lemieux est de retour. Les traitements lui ont coûté six semaines de la saison, mais, comme dans un scénario hollywoodien, il remporte son quatrième championnat des marqueurs de la ligue.

Il pense que le hockey l’a aidé dans son combat contre la maladie: «J’ai toujours eu confiance en moi; chaque fois que je mettais les pieds sur la glace, je voulais remporter la victoire. C’est comme ça que je me suis senti face au cancer.» Ce message a inspiré des milliers de personnes atteintes de cette maladie.


Lemieux sait que sa rémission donne de l’espoir à d’autres victimes. Tous les jours, il reçoit des lettres de cancéreux, réclamant un autographe, une rencontre ou une brève conversation.

«Mario répond à presque toutes les demandes, dit Steve Reich, son agent. Je ne l’ai jamais vu dire non à un malade souffrant du cancer.»

Reich me montre une lettre récente de Lemieux à un jeune garçon atteint de leucémie.

«J’avais la maladie de Hodgkin et j’avais peur, écrit-il. J’ai beaucoup pleuré. Je ne suis pourtant pas un homme qui pleure facilement. C’est normal d’avoir peur, mais il faut que tu écoutes tes parents et tes médecins. Tu ne guériras pas si tu ne crois pas en la guérison. Ton ami, Mario Lemieux.»

Ses yeux bleus s’allument lorsqu’il parle de la Fondation Mario Lemieux, qu’il a créée en 1993 avec quelques amis. Elle est principalement financée par son tournoi annuel de golf qui s’est allongé d’un à quatre jours avec le temps et réunit un impressionnant aréopage de vedettes. On y retrouve des étoiles du sport comme Wayne Gretzky et Dan Marino. «Quand vous recevez un appel de Mario Lemieux, dit Charles Barkley, ancienne vedette de la NBA, vous y répondez sans hésiter.»

Jusqu’à maintenant, la Fondation a fait des dons de plus de cinq millions de dollars à divers organismes médicaux. Elle appuie notamment la recherche en néonatologie, un sujet cher à Mario Lemieux : il y a environ cinq ans, son fils Austin est né trois mois et demi avant terme, ne pesant que 1,05 kg.

«Il a passé 71 jours à l’hôpital, se souvient Lemieux, parfois entre la vie et la mort.»

Au mur de la résidence familiale, on peut voir une photographie du nouveau-né reposant dans la grosse main de son père, un rappel, dit-il, de la valeur de la vie.

Aujourd’hui, Austin est en bonne santé, et beaucoup lui attribuent la dernière rentrée de Lemieux, son ultime retour au jeu après trois ans et demi d’absence. Lors de sa retraite, en 1997, les Pingouins lui devaient 32 millions de dollars en salaire. Lorsque les propriétaires ont déclaré faillite, en 1998, Lemieux a attiré des investisseurs et, en moins d’un an, a sauvé l’équipe en l’achetant.

«Mario n’a que 10 années de scolarité, mais il a décroché un MBA en quelques mois», s’émerveille Steve Reich.

A sa première année comme propriétaire, l’équipe est rentrée dans ses frais, alors qu’elle avait subi des pertes de 19 millions de dollars l’année précédente. Et, en 2000-2001, elle a accumulé des profits d’environ deux millions.

Lemieux s’adapte rapidement à son nouveau rôle de pdg, troquant allégrement son fameux chandail 66 contre un complet-veston. Mais l’attrait du jeu continue de le tenailler. Et il y a Austin. «Mon fils ne m’avait jamais vu jouer, dit-il. Lorsque nous assistions à un match de la loge du propriétaire, je voyais à quel point il aimait le hockey.»

L’an dernier, Austin a aperçu une photo de son père dans le vestiaire de l’équipe et a demandé à Steve Latin, responsable de l’équipement: «Est-ce que mon papa était bon?»

Latin, qui connaît Lemieux depuis qu’il s’est joint aux Pingouins, en est resté interloqué. «Non, ton papa n’était pas bon, a-t-il répondu, il était extraordinaire.»


Quelques semaines plus tard, le 27 décembre 2000, le garçon de quatre ans a pu observer avec émerveillement une grosse bannière marquée «Lemieux, 66, 1984-1997» descendre du plafond du Mellon Arena. La foule s’est levée et a secoué «l’Igloo» rempli à craquer, acclamant ce joueur de hockey qui a transformé la lutte contre l’adversité en une sorte d’art personnel. Elle n’a pas été déçue: après 44 mois d’absence, il n’a fallu à l’ex-retraité que 33 secondes pour marquer son premier point, préparant le but de son coéquipier Jaromir Jagr.

Mario Lemieux était de retour.

Pour tout renseignement sur la Fondation Mario Lemieux, visitez le site www.mariolemieux.org (en anglais).


Source : Selection Reader's Digest

P.S. : ce document date de 2001.
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Maxeric

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MessageSujet: Re: Mario Lemieux : son histoire   Mar 20 Sep à 9:43

Je crois que pour que chacun puisse comprendre l'admiration que j'ai pour cet homme, il fallait que je vous montre ce document... incomplet.

J'en ajouterais d'autres si ils complètent celui-ci.
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roger-le-Routier

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MessageSujet: Re: Mario Lemieux : son histoire   Mar 20 Sep à 9:47

Chapeau bas MONSIEUR Lemieux
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pat.c




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MessageSujet: Re: Mario Lemieux : son histoire   Mer 21 Sep à 1:06

J'en avais des frissons en lisant cet article...Quel athlète, quel homme!!!

Bravo Un gros bravo au Magnifique!!! Bravo
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Le problème aujourd'hui n'est pas l'énergie atomique, mais le coeur des hommes. A. Enstein
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