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 expressions francaisesVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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aaabc




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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:54

Ne tirez pas sur le pianiste >> Soyez indulgent envers une personne qui est de bonne volonté. N'accusez / n'agressez pas un lampiste au lieu du véritable responsable … C'est Oscar Wilde qui, dans ses "Impressions d'Amérique", raconte qu'en 1880, dans le saloon de Leadville, ville-champignon où l'on venait de découvrir des gisements aurifères, il y avait un panneau qui disait "Please don't shoot the pianist. He is doing his best". Ce qui, en bon français, veut dire "Merci de ne pas tirer sur le pianiste. Il fait de son mieux". Car c'est bien par allusion au Far-West que cette expression est née. Qui n'a vu, entre autres dans ces livres d'histoire de l'Ouest illustrée par Morris et Goscinny ou dans des westerns, ce fameux pianiste qui, dans les saloons, est toujours là, à la fois pour animer un peu les lieux et pour, grâce à sa musique, "adoucir les moeurs". Sauf que quand les bagarres se déclenchaient ou les balles commençaient à voler, les deux premières victimes étaient souvent le miroir placé derrière le comptoir et le pianiste. Celui qui 'prenait' était donc ce pauvre bougre plein de bonne volonté, tentant juste de faire son job, et certainement pas le responsable de la bagarre générale (sauf, peut-être, si sa musique était aussi pénible à supporter que celle d'Assurancetourix ).
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:54

De la crotte de bique >> Quelque chose d'insignifiant. Une chose sans valeur … Il ne faut pas confondre la crotte de bic, typique d'un stylo à bille qui bave, et la crotte de bique, excrément de la bique, autre nom de la chèvre. Ceux qui ont eu l'occasion de voir déféquer une chèvre, savent que contrairement au cheval qui lâche de volumineuses boules de crottin, ou à la vache qui produit un infâme, mais gros paquet de bouse molle (si je ne m'abuse), la chèvre laisse échapper un chapelet de toutes petites boules de crotte ridicules, comparées aux excréments des animaux précédents. C'est ce machin tout petit, mêlé au fait que la crotte de bique n'avait autrefois pas d'usages annexes, contrairement à la bouse ou au crottin (combustible, fabrication de briques de terre crue...), qui a fait qu'elle a été considérée comme n'ayant aucune valeur, comme quelque chose de totalement insignifiant. On peut aussi rappeler que, dans son sens originel (fin du XIIe siècle), la crotte désignait uniquement des excréments globuleux comme les fientes de lapin ou de chèvre, avant de désigner de nos jours toutes sortes d'excréments.
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:54

Avoir / prendre de la bouteille >> Vieillir (en se bonifiant). Acquérir de l'expérience, de la maturité … Ceux qui ont eu l'occasion de savourer un verre de Pommard 59 savent ce que prendre de la bouteille signifie pour un vin de garde. Cette expression a d'abord été associée uniquement aux vins et autres alcools, ce qui se comprend aisément pour un liquide qui vieillit en bouteille, même si la syntaxe bizarre ne semble pas être expliquée (en quoi un alcool "prend-il" de la bouteille dans laquelle il se trouve ?) Puis, par extension, elle s'est appliquée à tout ce qui vieillit, l'Homme en particulier. Par analogie avec le vin qui se bonifie, elle s'utilise souvent pour désigner quelqu'un qui a acquis ou va acquérir de l'expérience ou de la maturité avec le temps. Mais on l'emploie aussi simplement en synonyme de 'vieillir', sans autre sous-entendu, tant on sait bien qu'un vin ne se bonifie pas forcément dans sa cave, derrière les fagots.
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:55

(Se) casser la margoulette >> (Se) casser la figure. Avec le 'se' pronominal : Tomber, faire une chute … Toute personne à la perspicacité à peine aiguisée aura constaté d'elle-même la similitude de forme entre "(se) casser la figure", dont l'image est parfaitement claire, et (se) casser la margoulette qu'on trouve chez Flaubert à partir de 1864. De cette similitude, on peut aisément tenter une déduction simple : 'figure' et 'margoulette' sont synonymes. Eh bien à ceux qui ont osé, je vais maintenant confirmer qu'ils ont eu raison de prendre ce grand risque. À l'origine 'margoulette' désignait plutôt la bouche ou la mâchoire. Puis, par extension, le mot a désigné le visage ou la figure. Ce qui nous permet de retrouver la synonymie imaginée. Mais pourquoi 'bouche' ou 'mâchoire' ? Dans 'margoulette', il y a 'mar' et 'goulette' (si, si, je vous assure !). 'Goulette' est le diminutif de 'goule', forme ancienne de 'gueule'. Mais pour le préfixe 'mar-', on se marre moins car, selon les étymologistes, il y a plusieurs origines possibles. Parmi celles-ci, deux semblent plausibles : - il pourrait être repris du verbe 'margouiller' qui signifiait 'mâchonner'. - il pourrait également être extrait du mot normand 'margane' qui voulait dire 'mâchoire'. Bien entendu, ici, le mot 'margoulette', comme le mot 'figure' n'est qu'une image pour désigner le bonhomme au complet, car s'il chute ou reçoit une raclée, ce n'est pas forcément la figure qui prend les coups.
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:55

Sans bourse délier >> Sans payer. Sans qu'il en coûte rien … De nos jours, nous mettons généralement nos billets de banque dans un portefeuille, un machin pliant qu'on glisse dans une poche, et notre monnaie dans un porte-monnaie, souvent fermé par une fermeture à glissière. Mais, en 1690, lorsque cette expression est apparue, les billets de banque n'existaient pas encore en Europe, contrairement à la Chine. Seule la monnaie métallique était en circulation, et l'objet dans lequel on transportait ses pièces était une bourse fermée par un cordon coulissant et/ou noué. Donc, pour payer quelque chose, il fallait 'délier' le cordon de sa bourse afin d'en sortir la monnaie nécessaire. Il est alors aisé de comprendre que, si on ne déliait pas sa bourse, c'est qu'on ne payait rien, que ce soit parce que l'objet convoité était gratuit ou, fréquemment, volé.
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:55

Hors (de) pair >> Hors du commun, exceptionnel … Alors que nous avons déjà "hors du commun", immédiatement compréhensible par tous ceux qui savent ce que 'commun' veut dire, ce qui est assez commun, pourquoi avons-nous aussi hors de pair (qui se disait autrefois "hors du pair" et même "sans per" un peu après le Xe siècle) ? Eh bien il suffit de se pencher un peu sur l'étymologie et le sens du mot 'pair' pour le comprendre. Ce mot qui est issu du latin 'par' ou 'paris' signifiant 'égal' s'est dit 'peer' au Xe siècle puis 'per' au XIe (on retrouve aujourd'hui cette égalité dans le mot 'parité', par exemple). 'Pair' ne s'utilisant plus que dans certains contextes, ce mot a été remplacé par 'pareil' de nos jours. La signification initiale de "sans per" était donc "sans pareil". Et "hors pair" ou "hors du pair" puis "hors de pair" voulait d'abord dire "au-dessus des choses semblables". Ensuite, le simple "au-dessus" a été amplifié pour aboutir à quelque chose de "très au-dessus" ou d'exceptionnel.
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:56

(Prendre/donner) la clé des champs >> Partir, s'enfuir, s'évader, se sauver, prendre sa liberté / donner la liberté … Cette expression date du XIVe siècle. Nous avons ici une métaphore qu'il ne faut surtout pas comprendre comme "la clé qui permet d'ouvrir l'enclos qui entoure les champs", mais plutôt comme "la clé du lieu fermé dans lequel on est et qui va permettre d'accéder aux champs" et donc à la liberté. Car anciennement 'champs' au pluriel avait le sens de "espace libre", par opposition aux différents espaces clos qu'il était possible de trouver. Au XVIe, chez Montaigne, on trouve l'expression "donner les champs" qui voulait aussi dire "donner la liberté", les clés en moins.
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:56

Sentir le sapin >> N'avoir plus longtemps à vivre … Cette expression date de la fin du XVIIe siècle. Le sapin ne rappelle pas uniquement les fêtes de fin d'année ou les forêts toujours vertes ; si, de nos jours, on utilise généralement des bois plus nobles, il a longtemps servi à fabriquer des cercueils, au point qu'à la fin du XVIIIe, ce macabre objet s'appelait aussi une "redingote de sapin". C'est donc assez naturellement, mais peu charitablement, qu'on a dit de celui dont les jours étaient comptés qu'il commençait à sentir le sapin.
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:56

Se faire limoger >> Pour un officier, se faire relever de son commandement … Par extension, pour une personne ayant des responsabilités, être mis en disgrâce ou être frappé d'une sanction disciplinaire (mise à la retraite, révocation, licenciement...). Beaucoup de gens savent que le verbe 'limoger' est issu du nom de la ville de Limoges. Mais cette origine est-elle justifiée et quelle est la véritable histoire du limogeage ? Au début de la guerre de 14-18, le général Joffre doit résoudre une crise importante dans le haut commandement de l'armée française. Il écarte alors de nombreux hauts gradés de leur poste. C'est de cette disgrâce que naît le verbe 'limoger'. Le 15 août 1914, Joffre reçoit du ministre de la guerre Messimy un télégramme lui indiquant que, désormais, les officiers généraux pourront être mis à la retraite d'office sur simple rapport motivé du commandant en chef. Ayant jugé que de trop nombreux généraux et hauts gradés, brillants en temps de paix, étaient des incapables au front, Joffre décide le 27 août que ces généraux faillibles doivent se retirer dans une localité de la 12e région qui, alors, englobe loin du front les département de la Charente, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et la Haute-Vienne, et dans laquelle se trouve Limoges, entre autres. Au moment où débute la bataille de la Marne, début septembre, 58 officiers sont d'abord renvoyés à l'arrière. Au total, en décembre, 40% des hauts gradés sont ainsi écartés de leur poste. Selon certaines sources, tous ces officiers auraient été envoyés à Limoges, justifiant ainsi la naissance de ce qui était à l'époque un néologisme. Mais selon d'autres sources, il paraît que sur les 150 à 200 officiers ainsi éliminés, il y en aurait finalement moins d'une vingtaine qui auraient été réellement tenus de séjourner dans la 12e région, et pas obligatoirement à Limoges même. Et comme cette zone géographique contient plusieurs autres villes importantes, les officiers auraient donc très bien pu se faire plutôt angoulemer, briver, guereter, tuller ou même magnac-lavaler. Dans ce cas, c'est un peu abusivement que 'limoger' serait né en 1916.
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:56

La veuve poignet >> La masturbation (masculine) … Cette expression apparaît au début du XIXe siècle et son origine est incertaine. La plus proposée viendrait d'une association entre le poignet dont les mouvements permettent d'arriver au but recherché et la 'veuve', présentée comme la remplaçante de l'ex-épouse du veuf qui, ne voulant pas prendre de risques avec des rencontres de passage, devenait un pratiquant assidu de la chose. Claude Duneton évoque deux autres possibilités : En gardant le poignet, une autre origine pourrait venir d'un jeu de mots sur la guillotine, aussi appelée la 'veuve' en argot, et qui a pour effet de 'décalotter' la vie / le vit d'un bonhomme. Enfin, les veuves avaient, paraît-il, l'habitude de rassasier leur besoins avec des célibataires ou des adolescents (tous libres d'attaches conjugales), ce qui arrangeait bien ces mâles. Alors en cas d'absence d'une véritable veuve à se mettre sous la... main, l'un d'eux aurait pu inventer la veuve poignet, la seule toujours disponible ("Puisque les Anglais ont débarqué chez la veuve Dupont, il ne me reste plus qu'à faire appel à la veuve poignet").
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:57

Malheureux comme les pierres >> Extrêmement malheureux … Les pierres sont supposées être des objets inanimés, donc dépourvus d'âme et de sentiments. Comment pourraient-elles être malheureuses ? Ce n'est bien sûr que pour une simple raison d'anthropomorphisme : on leur prête ici les mêmes sentiments qu'aux êtres humains. Car, imaginez-vous, pierre parmi d'autres, enfoncée à demeure dans la terre d'un chemin au revêtement duquel vous participez. Imaginez-vous régulièrement piétinée par les passants. Imaginez votre 'visage' écrasé par le fer d'un sabot d'un des chevaux qui tirent une diligence dont une roue cerclée de fer vient achever de vous meurtrir la face (car l'expression remonte au XVIIIe siècle). Tout cela sans pouvoir réagir, sans pouvoir vous extirper de cet endroit où tous vous foulent et vous massacrent sans vergogne (mais sans haine aussi, je vous rassure), sans pouvoir hurler pour vous faire reconnaître. Est-ce que, en de telles circonstances, vous ne seriez pas extrêmement malheureuse ? Et si cela ne vous suffit pas, vous pouvez aussi imaginer que votre regard a malheureusement croisé celui de la Gorgone Méduse. Vous voilà d'un coup complètement et définitivement pétrifié, mais avec votre capacité de réflexion encore intacte. Comment ne pas être une pierre très malheureuse, dans une telle situation ?
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:57

Langue de bois >> Langage figé, coupé de la réalité, et qui véhicule, de manière artificielle, un message intentionnellement truqué … La langue de bois est un langage à part entière dont on se demande s'il n'est pas enseigné à l'ENA. Parmi ses nombreuses 'utilités', il permet de cacher la vérité, de répondre à côté de la question ou de noyer une absence de pensée ou de connaissance d'un sujet sous un déluge de paroles creuses. La langue de bois peut aussi servir à faire croire à quelqu'un qu'on ne lui est pas hostile alors qu'on le manipule pour l'amener à ses propres fins. Ce langage est un outil qui confirme parfaitement ce qu'a cité Stendhal en le mettant dans la bouche d'un Jésuite, mais qui est généralement attribué à Talleyrand : « la parole a été donnée à l'homme pour cacher sa pensée ». Cette expression est récente en France puisqu'elle n'y est apparue qu'au cours des années 70. A l'origine, ce sont les Russes qui, avant leur révolution, utilisent l'expression "langue de chêne" pour se moquer du style administratif employé dans leur bureaucratie tsariste étouffante. L'ère bolcheviste n'améliore pas véritablement ce style ; les manières de parler et d'écrire y sont codifiées et pleines de clichés ; la locution continue donc à être utilisée mais le 'chêne' se fait progressivement remplacer par le 'bois', tout simplement. L'expression aurait transité par la Pologne avant d'arriver chez nous.
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:57

Bon comme la romaine >> Extrêmement bon ou gentil, être d'une bienveillance extrême. Être voué à subir une situation désagréable … Que vient faire une Italienne par ici ? Et de laquelle s'agit-il ? Parce que des Italiennes, il y en a à foison dans les rues de Rome, quel que soit le chemin par lequel on y est allé. Des grandes et des petites, des jeunes et des vieilles, des blanches et des vertes. Oui, des vertes ! Si vous regardez bien, vous en trouverez facilement une sur un marché, qui s'expose sans retenue, faisant admirer ses charmes à tous les passants et que vous pouvez vous offrir à vil prix pour vous la faire... avec une bonne vinaigrette. Car c'est de la laitue romaine (), dont il est ici question. Cette salade, arrivée d'Italie et introduite en France au XVe siècle, était considérée comme tellement bonne (au goût) qu'à partir de "vous êtes très bon" (ou gentil), l'usage populaire y a ajouté par plaisanterie un élément de comparaison qui est finalement resté, même si le sens de 'bon' n'est pas du tout le même. La bonté dont il est question ici comporte en général un sous-entendu de faiblesse : quelqu'un qui est bon comme la romaine est tellement bon que quelqu'un d'autre est capable d'en abuser facilement. La deuxième signification de l'expression vient du mélange de la locution initiale avec "être bon" au sens de "être fait", "être piégé" ou "être très mal engagé (dans quelque chose)". Le lien avec la situation désagréable à laquelle peut mener le fait d'être faible n'y est pas étranger non plus.
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:58

Se faire blackbouler >> Être refusé à un examen, un poste. Être évincé, rejeté, repoussé … Le verbe 'blackbouler' est étrange (vous avez dit bizarre ?) car composé du mot anglais 'black' ('noir') et de 'bouler', verbe français qu'on retrouve dans un sens argotique dans l'expression "envoyer bouler" pour "rejeter, repousser". Ce mélange de langues vient d'une traduction partielle du verbe anglais "to blackball" qui date de 1770 et qui signifie "voter contre l'admission d'une personne dans un club ou un cercle en plaçant une boule noire (black ball, en anglais) au lieu d'une blanche dans l'urne". Car c'est bien de la méthode d'admission de nouveaux membres dans une confrérie que vient ce mot : les membres déjà présents votaient au moyen de boules blanches (avis positif) ou noires (avis négatif) pour accepter ou non le nouveau candidat. Et celui qui avait le 'plaisir' d'avoir plus de boules noires que de blanches était rejeté, repoussé. Une fois ce mot introduit en France, il a été écrit de différentes manières (en 1835 Balzac l'écrivait 'blackboller') avant de prendre son orthographe actuelle où seul le mot 'ball' a effectivement été traduit. Si, au départ, le verbe a signifié "mettre en minorité dans un vote", très proche de l'origine anglaise, son sens s'est ensuite élargi à la signification actuelle.
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MessageSujet: Re: expressions francaises   Mar 30 Oct à 12:58

Un coup de semonce >> Un avertissement ou une mise en garde, souvent accompagné d'une menace … 'Semonce' est un substantif issu du participe passé du verbe 'somondre', au XIe siècle, devenu 'semondre' au XIIe. Ce verbe a eu plusieurs significations au cours du temps : au XIe, il voulait dire "inviter quelqu'un à faire quelque chose" ou bien "convoquer les vassaux" ; au XIIe, il signifiait "sommer quelqu'un de s'expliquer sur un fait" ; au XIIIe, c'était "convoquer en justice" ; au XVe, on l'utilisait pour "avertir en adressant une réprimande" et au XVIIe pour "réprimander". 'Semonce' a suivi la plupart de ces significations. À partir du XVIe siècle, il équivaut à un 'avertissement'. Au début du XVIIIe, dans la marine, la 'semonce' est un ordre donné à un navire de montrer ses couleurs, autrement dit de hisser le drapeau qui permet d'en identifier l'origine. Le coup de semonce est alors le premier coup de canon, tiré à blanc ou loin de la cible, qui intime l'ordre à un autre navire d'affaler les voiles, de s'arrêter et de hisser des couleurs. Avec la menace implicite que si l'ordre n'est pas respecté, les prochains coups de canon serviront à couler le bateau. Et c'est depuis le début du XIXe siècle que notre coup de semonce est, hors du domaine maritime et de manière figurée, devenu un avertissement, souvent assorti d'une menace dans le cas où la sommation ne serait pas respectée.
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