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aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2258 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Ven 14 Mar à 9:29 | |
| | Avoir l'eau à la bouche >> Saliver d'envie. Exciter l'envie ou la curiosité … S'il existe des expressions dont l'origine est difficilement explicable, ce n'est assurément pas le cas de celle-ci. Un être humain de 70 kilos contient à peu près 45 litres d'eau. Autrement dit, il suffit de presser environ 4000 bonshommes pour remplir une piscine de taille moyenne. La présence d'une partie de cette eau se vérifie aisément que ce soit avec l'urine, la transpiration ou la salive, par exemple. Et c'est cette dernière qui nous intéresse ici, car il est clair comme de l'eau de roche que c'est elle, cette eau qui nous vient à la bouche. Vous avez sûrement déjà constaté, dans un moment de grande faim, et face à un plat qui vous plaît beaucoup, l'afflux soudain de salive que provoque dans votre bouche la divine odeur qui se dégage de cette nourriture qui excite votre envie. Il ne faut pas chercher plus loin pour comprendre le premier sens de cette expression. C'est ce phénomène réflexe de plaisir anticipé qui, par extension, fait que toute attente de quelque chose qui nous tente ou nous intrigue fortement nous met l'eau à la bouche. Si la forme actuelle de l'expression n'est pas précisément datée, au XVe siècle, on disait déjà avec le même sens "l'eau en vient à la bouche". |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2258 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Ven 14 Mar à 9:29 | |
| | Connaître / savoir sur le bout du doigt / des doigts >> Connaître / savoir très bien, parfaitement … Si on sait que cette expression date de 1665, elle semble laisser perplexe les lexicographes, puisqu'on ne trouve pas d'explication certaine sur son origine. Une chaussure chose sûre, c'est qu'en latin, on disait autrefois "ad unguem" ("sur/à l'ongle"), par référence, semble-t-il, à ces sculpteurs qui peaufinaient le polissage de leur oeuvre avec leur ongle. La qualité de finition ainsi obtenue aurait donné, par métaphore, la signification 'parfaitement', cette locution étant aujourd'hui souvent traduite par "avec le plus grand soin", mais aussi par "sur le bout du doigt". Mais un siècle avant que notre expression apparaisse, les locutions "savoir au doigt" et "avoir sur le doigt" voulaient également dire "connaître parfaitement". Donc, d'où qu'on vienne, c'est toujours le doigt ou son extrémité qui est supposé concentrer le savoir. En l'absence de certitude, et en se basant sur les expressions du XVIe siècle, on peut émettre une hypothèse : rappelez-vous comment vous avez autrefois appris à lire, avec le doigt suivant laborieusement le texte, pendant que vous le déchiffriez avant de le prononcer ; est-ce qu'il n'y aurait pas un lien entre ce doigt 'déchiffreur' qui vous a aidé à savoir parfaitement lire et notre expression? |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2258 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Ven 14 Mar à 9:30 | |
| | En avoir gros sur le coeur / l'estomac / la patate >> Etre très triste, avoir beaucoup de chagrin. Ressentir du dépit, de la rancune … Chose qui peut paraître étrange pour ceux qui ne sont pas férus d'étymologie, si le mot 'coeur' correspond bien depuis lontemps à l'organe central de la circulation sanguine, il a aussi désigné la poitrine à partir du XIIe siècle(assez logique, vu l'emplacement du coeur), mais aussi l'estomac à partir du XIIIe. Trouver ces deux organes interchangeables dans une expression qui date du XVIIe n'est donc pas étonnant. Avec les expressions équivalentes "avoir le coeur gros", "avoir le coeur lourd" ou bien "avoir la gorge serrée", nous retrouvons tout simplement une formalisation des sensations physiologiques liées au chagrin, aux sanglots, sensations désagréables qu'on peut aussi ressentir lors de gros dépits ou de rancunes sévères. Il n'y a pas d'explications claires sur le fait qu'en argot, le mot 'patate' a aussi désigné le coeur. Cette variante de l'expression apparaît au début du XXe siècle. Elle a été précédée de quelques années par "en avoir gros sur la pomme de terre". |
|  | | aaabc


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| Sujet: Re: expressions francaises Ven 14 Mar à 9:38 | |
| | Se faire de la bile >> Se faire du souci … Qu'est-ce que la bile? - Si on écarte Boule et Bile, ainsi que Buffalo Bile, Bile Boquet et Bile Vezay, il nous reste ce liquide visqueux et amer sécrété par le foie, qui participe à la digestion et s'écoule depuis la vésicule biliaire vers le duodénum par le canal cholédoque. La théorie antique des quatre humeurs (non, pas des 4x4 Hummer !), formalisée en grec par Hippocrate, nous apprend que la bile noire correspond à la mélancolie, la tristesse, le souci, alors que la bile jaune était associée à la colère. C'est donc cette "bile noire", prétendument sécrétée par la rate, qui était supposée être la cause de nos soucis. Bien que la théorie des humeurs ait finalement été abandonnée au cours du XVIIIe siècle, il nous en est resté cette expression et ce sens figuré de 'bile', à rapprocher du 'mauvais sang'. Si jamais vous devez vous faire enlever la vésicule biliaire, vous n'avez aucune raison de vous faire de la bile : on vit très bien sans cette chose. La seule conséquence possible, c'est qu'on devient moins fort en calculs. |
|  | | aaabc


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| Sujet: Re: expressions francaises Sam 15 Mar à 11:47 | |
| | Ca me gonfle / Gonfler quelqu'un >> Ça m'agace, ça m'énerve ! / Exaspérer, importuner quelqu'un … L'origine de ce sens argotique du verbe 'gonfler' n'est pas très claire. Bien sûr, on trouve la forme "les gonfler (à quelqu'un)". Dans ce cas, il ne fait aucun doute que 'les' désigne les roubignolles, les coucougnettes, forme à assimiler à la peu châtiée "casser les couilles". On peut aussi y voir un sens figuré où un individu est tellement 'gonflé', importuné à l'excès par un autre, qu'il approche de l'explosion (de colère). 'Gonfler', c'est aussi exagérer (gonfler son CV, par exemple) et quelqu'un qui en importune un autre au point de franchir les bornes des limites, n'est-ce pas quelqu'un qui exagère? - Mais on peut également se référer à un ancien sens argotique du verbe, donné par Esnault : à la fin du XIXe siècle, en effet, 'gonfler' voulait dire 'assommer' ; or, quelqu'un d'assommant, au figuré, n'est-ce pas quelqu'un qui nous importune? |
|  | | aaabc


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| Sujet: Re: expressions francaises Sam 15 Mar à 11:47 | |
| | En deux coups de cuiller à pot >> Très rapidement, sans difficulté apparente … Cette expression semble apparaître juste avant la guerre de 14-18. La cuiller à pot n'est jamais qu'une grosse louche qui, en raison de sa taille, permet de vider rapidement un récipient ou de servir vite fait de grandes louchées de nourriture. C'est de là que viendrait la notion de rapidité associée à notre locution qui serait née dans le milieu militaire ou carcéral (le service rapide du rata des bidasses ou des prisonniers). L'absence de difficulté sous-entend parfois l'intervention d'un facteur chance, qu'on retrouve aussi dans "avoir du pot". Une autre origine quelquefois proposée viendrait de la marine à voile, la cuiller à pot étant un sabre d'abordage muni d'une coquille en forme de cuiller destinée à protéger la main. Ce sabre, comme toute arme du même type, permettait de régler très facilement un problème en en assénant un ou deux coups en travers de la tête de l'importun. Cette origine est toutefois passée sous silence par Alain Rey et rejetée par Claude Duneton. Enfin, une troisième hypothèse existe, aussi historique que douteuse, même si elle plus savoureuse. Elle nous viendrait d'Antoine de Bourbon, roi de Navarre, dont le château se situait à Pau. Alors qu'il était retenu loin de la reine Jeanne d'Albret, celle-ci donna naissance à un beau bébé qui allait devenir le futur Henri IV. Prévenu de l'heureux événement, le roi annonça la bonne nouvelle à ses courtisans en disant "Messieurs, la reine nous a donné un petit prince en deux coup de cul hier à Pau". Pour ceux qui auraient repéré une faute d'orthographe, je précise que cuiller s'écrit aussi 'cuillère' (et inversement). |
|  | | aaabc


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| Sujet: Re: expressions francaises Sam 15 Mar à 11:48 | |
| | A la mords-moi le noeud (le doigt, le jonc, le pif...) >> Peu sérieux, mal fait, sur lequel on ne peut pas compter … L'origine de cette expression n'est pas vraiment connue. 'A la mords-moi le jonc' est une expression attestée au début du XXe siècle. A cette époque, en argot, le jonc désignait l'or. Faut-il voir un lien avec ces fausses pièces d'or (mal faites, sans valeur) qu'il fallait mordre pour en faire sauter le placage? - Actuellement, le jonc désigne le pénis ('peler le jonc' pour 'importuner', 'se peler le jonc' pour 'avoir froid'). Alors du 'jonc' au noeud, autre dénomination argotique du pénis ou du gland (qui date du XIXe siècle), il n'y a qu'un pas qui a été franchi, semble-t-il, dans la seconde moitié du XXe siècle où l'expression apparaît. Certains disent qu'elle viendrait de la fellation. En effet, s'il y a morsure du gland ou du noeud pendant la petite gâterie, c'est qu'elle est très mal faite. Mais rien ne confirme cette hypothèse. Le doigt qu'on trouve aussi à la place du noeud pourrait être vu comme une atténuation 'politiquement correcte' du deuxième terme, mais il semble que son usage soit très antérieur. Le mystère demeure donc, tout comme pour la version avec le pif. Merci de ne pas me peler le jonc en me disant que je vous ponds des explications à la mords-moi le nœud. |
|  | | aaabc


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| Sujet: Re: expressions francaises Sam 15 Mar à 11:48 | |
| | Un maître queux / un coq >> Un cuisinier / un cuisinier à bord d'un bateau … Le maître queux n'est pas un mot d'argot et il ne désigne pas un amant hors du commun : il n'y a pas de faute d'orthographe, c'est bien un 'x' à la fin du mot. Ce 'queux'-là vient du latin 'coquus' lui-même lié à 'coquere' (cuire). D'abord 'cous' au XIe siècle, au XIIe on l'écrivait 'queu', la forme avec le 'x' datant du début du XVIe, époque où le terme désignait une charge de cuisinier de cour, alors que, selon Furetière, les rôles dans les cuisines étaient clairement définis, le maître queux s'occupant des ragoûts, mets et entremets, les hâteurs cuisant les rôtis et, bien sûr, les potagers fournissant les potages (entre autres nombreux rôles en cuisine). Aujourd'hui, on n'utilise plus cette dénomination que rarement, pour désigner un simple cuisinier. Le 'coq' lui, nous vient exactement de la même racine latine, mais par emprunt au XVIIe siècle au 'kok' néerlandais, qui désignait un cuisinier à l'époque de la suprématie de la navigation hollandaise, ce qui explique la limitation de son usage au monde maritime. |
|  | | aaabc


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| Sujet: Re: expressions francaises Sam 15 Mar à 11:50 | |
| | Un cousin germain / issu de germain >> Un cousin direct / éloigné. Par extension, chose qui a des traits communs, des ressemblances avec une autre … Une des phrases cultes d'Obélix est : "ils sont fous ces Germains !". Connaissant la sagacité du personnage, on est donc en droit de se poser une question : les cousins germains sont-ils tous fous? - Un cousin "de base", ce n'est pas un diptère assoiffé de sang, mais un descendant d'un frère ou d'une soeur de ses parents. Des cousins germains sont des personnes ayant au moins un grand-père ou une grand-mère commun (parenté au deuxième degré). Si vous suivez bien, vous allez me dire que vos cousins "de base" sont donc aussi des germains. La réponse est oui, mais ce ne sont pas les seuls : sont également vos cousins germains des petits-enfants issus d'un autre mariage d'un au moins de vos grands-parents, donc des enfants de demi-frères et demi-soeurs de vos parents. Quand aux cousins issus de germains, ce sont cette fois des personnes ayant un arrière-grand-père ou une arrière-grand-mère commun (parenté au troisième degré), comme le sont vos enfants et ceux de vos cousins germains, par exemple. Maintenant, il y a une autre question qu'on peut légitimement se poser, c'est : pourquoi 'germain'? - Cela n'a rien à voir avec l'ancienne Germanie, ce qui répond à la question initiale à propos des Germains d'Obélix. Cet adjectif existe depuis le XIIe siècle. Il est issu du latin 'germanus' qui veut dire "qui est du même sang". Si, aujourd'hui dans le langage courant, on ne parle plus que des cousins germains, le lien de sang s'exprime aussi dans les appellations juridiques "frère germain" ou "soeur germaine" pour désigner de véritables frères ou soeurs, issus des deux mêmes parents (excluant donc les demi-frères ou demi-soeurs). |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2258 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Sam 15 Mar à 11:50 | |
| | Blanchir sous le harnais >> Exercer longtemps le même métier. Acquérir une expérience reconnue dans un domaine … De nos jours, un harnais, c'est soit une partie de l'équipement d'un animal de travail, dont le cheval, soit un système de sangles porté par certains sportifs comme les alpinistes ou les parachutistes, ou bien servant à retenir une personne dans un véhicule (voiture de course, voilier...). Mais il y a longtemps, dès le XIIe siècle, le harnais désignait l'armure ou l'équipement d'une homme d'arme. Comme, à ces époques lointaines, il était fréquent que les gens pauvres s'engagent dans l'armée pour de très longues périodes afin de bénéficier d'une solde régulière, ils avaient largement le temps, s'ils échappaient à la mort sur les champs de bataille, d'acquérir une grande expérience de la vie militaire. Mais pourquoi 'blanchir', me direz-vous? - La première explication qui pourrait venir à l'esprit serait que, sous une armure, on ne peut pas bronzer. Même si c'est vrai, cela vient surtout du fait que ce verbe a également signifié "passer un long moment de sa vie dans une même occupation". Si les dictionnaires étymologiques ne nous donnent pas d'explication sur cette signification, on peut imaginer qu'elle vient du fait qu'un "long moment" peut être si long que les cheveux de la personne concernée ont le temps de blanchir. Le premier sens de l'expression était simplement "vieillir dans le métier des armes" puisqu'elle signifiait, mot à mot, "passer un long moment sous l'armure". Par extension, le métier est devenu quelconque et le vieillissement a été assimilé à l'acquisition d'expérience. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2258 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Sam 15 Mar à 11:51 | |
| | La roue tourne >> Les choses changent, évoluent. Les hasards et vicissitudes de la vie font passer quelqu'un de la réussite à l'échec, ou inversement … La roue qui tourne symbolise l'avancement perpétuel, celui du temps au cours duquel les choses évoluent, en bien comme en mal. Mais cette roue, c'est aussi celle de la fortune, la déesse romaine Fortuna, divinité de la chance et du hasard. Cette divinité est en effet souvent représentée avec une roue symbolisant le destin (celui qui peut nous faire monter haut, mais aussi chuter très bas) et tenant une corne d'abondance (dont le contenu n'est destiné qu'à ceux qui sont dans le haut du mouvement, bien entendu). Cette déesse était réputée capricieuse, délivrant aux hommes les bonnes et mauvaises choses selon son bon vouloir, ce qui expliquait qu'un homme ayant réussi pouvait se trouver un peu plus tard en état de disgrâce, ou lycée Hoche. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2258 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Mar 18 Mar à 20:20 | |
| | C'est fort de café >> C'est exagéré, excessif, insupportable … Cette expression est une variante de "c'est (trop, un peu) fort !" qui date du XVIIe siècle et qui signifie la même chose. L'extension 'de café' vient évidemment d'une plaisanterie autour du café, parfois trop fort. En 1808, D'Hautel, dans son "Dictionnaire du bas-langage ou des manières de parler usitées parmi le peuple" écrivait : "C'est un peu fort de café. Calembour, jeu de mot populaire qui se dit pour exprimer que quelque chose passe les bornes de la bienséance, sort des règles sociales". Des variantes existent, citées également au XIXe siècle, où le café est remplacé par la chicorée ou le moka ("C'est fort de chicorée !"). |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2258 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Mar 18 Mar à 20:21 | |
| | Donner un tuyau (crevé) à quelqu'un >> Donner un renseignement plus ou moins confidentiel (faux ou dépassé) à quelqu'un … Voilà une expression argotique qui date de la fin du XIXe siècle. Lorsque vous êtes en groupe et que vous avez une information confidentielle à donner à quelqu'un, comment procédez-vous habituellement? - Vous n'allez certainement pas lui crier le renseignement, histoire de couvrir le bruit des conversations. Non, vous allez bien plus probablement approcher votre bouche de son oreille et lui murmurer l'info qui va s'écouler dans son conduit auditif vers l'oreille interne. Or, le conduit auditif n'est-il pas assimilable à un tuyau? - Voilà, vous venez de comprendre comment ce qui véhicule l'information est devenu, par métonymie, le renseignement lui-même. Quand à la comparaison d'un 'tuyau' crevé avec un renseignement erroné, elle est aisément compréhensible : un véritable tuyau crevé ne sert à rien, pas plus que notre tuyau argotique lorsqu'il est faux. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2258 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Mar 18 Mar à 20:21 | |
| | Qui dort dîne >> Le sommeil fait oublier la faim. Le sommeil tient lieu de nourriture … Voilà une expression intéressante, pas par ce qu'elle signifie (et qui aura du mal à convaincre un affamé), mais pour les variantes sur son origine. D'un côté, nous avons une foultitude au carré de sites Internet qui affirment qu'elle vient du Moyen Âge où le voyageur qui voulait dormir dans une auberge était contraint également d'y dîner, sous peine de se voir refuser le gîte. Autrement dit : "si tu manges, tu dors, si tu manges pas, tu sors !", ce qu'on appelle aujourd'hui de la vente conjointe forcée et qui n'est plus autorisé (en théorie). D'un autre côté, nous avons Alain Rey, linguiste distingué, qui passe entièrement cette hypothèse sous silence et nous apprend que ce proverbe vient de l'ancienne pensée "le sommeil nourrit celui qui n'a pas de quoi manger" exprimée par le grec Ménandre () auteur, entre autres, de "la nuit porte conseil" mais aussi d'une citation qui vaut son pesant de noix de cajou[1] : "La terre et la mer produisent un grand nombre d'animaux féroces, mais la femme est la grande bête féroce entre toutes". Cette explication n'est pas reprise par d'autres lexicographes dans les sources dont je dispose. Alors qui a raison, entre l'érudit qui propose une opinion qu'il semble être le seul à défendre et la masse qui en diffuse une autre? - Notez que même si Ménandre a bien émis cette pensée, rien n'empêche que les aubergistes d'autrefois aient pratiqué la vente forcée. Les deux explications ne sont donc pas incompatibles. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2258 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Mar 18 Mar à 20:22 | |
| | Piquer un fard >> Rougir brusquement … En Bretagne, il est bien plus facile de piquer un far que de piquer un phare. Mais que ce soit en mangeant un far ou en montant dans un phare, n'importe qui peut piquer un fard. 'Piquer' a ici le sens de "faire brusquement" comme on le trouve dans "piquer un roupillon" ou "piquer une colère", par exemple. Mais qu'en est-il du fard? - Le Robert nous donne la définition suivante de ce mot qui date du XIIIe siècle : "composition dont l'application sur la peau donne à celle-ci plus d'éclat ou masque un défaut physique". Autrement dit, c'est ce qu'on appelle aujourd'hui un maquillage, grâce auquel une femme peut aisément se rosir la peau du visage, voire se la rougir en cas d'excès. C'est par comparaison entre ce fard artifice et le rougissement d'une personne émotive que l'expression est née. Si le mot est très ancien, l'expression date de la deuxième moitié du XIXe siècle. Il est aussi intéressant de savoir que dans l'islam le 'fard' désigne ce qui est obligatoire, ce qui est imposé par la loi. Ainsi, faire la prière ou jeûner pendant le Ramadan font partie du fard. |
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