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aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2240 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Mar 18 Mar à 20:22 | |
| | Aller à Tataouine >> Aller très loin, au bout du monde. Aller en enfer … Avec nos moyens modernes de transport, la Tunisie n'est plus vraiment loin. Mais au début du XXe siècle, lorsque les soldats déserteurs et les insoumis des Bat d'Af', ainsi que les condamnés de droit commun étaient envoyés au bagne de Tataouine, dans le désert du sud-est Tunisien (), ils en avaient pour un moment avant d'arriver, avec le fort risque de ne plus en repartir vu la rigueur du climat et le droit de vie ou de mort des chefs du bagne sur leurs prisonniers. Vous allez me dire que le bagne de Cayenne était encore plus loin Certes, mais il faut croire que les conditions de vie étaient nettement plus dures à Tataouine pour que ce soit ce lieu qui ait donné naissance à une telle expression, avec une connotation non seulement d'éloignement très important, mais aussi de lieu insupportable ("aller en enfer"). Pour les amateurs de Star Wars qui ne le sauraient pas, je rappelle que le nom de la planète Tatooine vient de Tataouine, zone désertique où ont été tournées des scènes des deux trilogies. Une partie des bâtiments du bagne existent toujours mais le lieu est maintenant occupé par l'armée tunisienne. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2240 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Mar 18 Mar à 20:22 | |
| | Ca va durer 3 plombes >> Ça va durer 3 heures … Sachant que le chiffre 3 peut en réalité prendre n'importe quelle valeur, la question est de savoir par quel cheminement une 'plombe' est égale à une heure. Eh bien la piste n'est pas certaine, même si elle est suivie par plusieurs lexicographes. Le Dictionnaire de Trévoux nous indique qu'au XVIIe siècle, une des acceptions du verbe 'plomber', quoique rarement utilisée, était 'frapper'. Or, ils sont nombreux les endroits où des personnages tenant un marteau viennent frapper une cloche pour sonner les heures. De même, les poids qui servent à faire fonctionner les anciennes horloges qui sonnent les heures sont souvent appelés des 'plombs'. Autant de plomb lié aux heures qui sonnent suffit à expliquer que, tout au long du XIXe siècle, le verbe argotique 'plomber' voulait dire "sonner l'heure". Alors de 'plomber' pour "sonner l'heure", à 'plombe' pour désigner une heure (attesté à partir de 1811), il n'y aurait eu qu'un pas aisément franchi. Mais ce qui peut quand même semer un léger trouble, c'est qu'Esnault indique que 'plombe' est également attesté au sens de 'mois' ou de 'année' entre 1790 et 1850. Sans qu'il y ait d'explication sur l'origine de ces deux autres sens. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2240 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Mar 18 Mar à 20:23 | |
| | L'avoir dans l'os >> Subir un échec. Éprouver une déception. Se faire berner … Pour beaucoup, chiens y compris, un os n'est jamais qu'un... os, c'est-à-dire un morceau d'un squelette quelconque qu'il peut être bon de rouziguer si on n'est pas végétarien. Mais la langue française lui a attribué quelques autres sens, parfois issus de nos régions, comme celui de 'bouche' en pays d'Oc, celui de 'nez' lorsqu'on parle d'un "os à moëlle" (image ragoûtante, n'est-il pas ?) ou encore de membre viril (quoique là, pour ce qui est de comparer la dureté, c'est peut-être un peu abusif - jamais on ne 'vit' quelqu'un se casser le pénis). Dans notre expression, il s'agit encore d'un autre sens. Lorsqu'on subit un échec ou qu'on éprouve une déception, c'est souvent à cause d'un autre qui nous a berné, possédé, trompé. Et, dans ce cas, une métaphore habituelle de la possession nous fait dire, par une association très poétique à la sodomie, que "on l'a dans le cul" ou que "on s'est fait mettre (bien profond, éventuellement)". C'est elle qu'on retrouve ici, le mot 'os' désignant alors le tréfonds de l'homme, peut-être en raison de la proximité immédiate de l'orifice avec le sacrum ou le coccyx, deux de nos os bien connus ou parce que la coupe d'un os est un anneau, comparable à l'anus. Selon Gaston Esnault, si ce sens du mot existe depuis la fin du XIXe siècle, ce n'est qu'au milieu du suivant que l'expression est apparue. |
|  | | aaabc


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| Sujet: Re: expressions francaises Mar 18 Mar à 20:23 | |
| | Des paroles sibyllines >> Des paroles énigmatiques, mystérieuses, obscures … Il nous faut remonter bien loin dans le temps, à l'antiquité chez les Grecs, pour trouver l'origine de cette expression. Sibylle était une prophétesse d'Apollon, une prêtresse à laquelle le dieu avait donné le pouvoir de prophétie. Elle pouvait donc faire connaître leur avenir aux hommes qui voulaient savoir ce que les Dieux leurs réservaient. Par extension, les sibylles étaient les prêtresses d'Apollon, quel que soit le lieu de culte, les plus connues étant celles d'Erythrae, de Libye et de Cumes. Les oracles des sibylles étaient regroupés dans des "livres sibyllins" qu'on consultait lorsqu'il fallait prendre une décision importante. Hélas, ces réponses divines étaient formulées d'une manière si mystérieuse, si énigmatique, qu'elles devaient être interprétées par les humains, avec tous les risques d'erreur que cela comportait. C'est depuis que des paroles sibyllines désignent des paroles dont le sens est obscur, souvent dans le but pas nécessairement avoué de dissimuler la vérité. Mais l'adjectif sibyllin peut très bien s'appliquer aussi aux écrits, comme aux Centuries de Nostradamus, par exemple. |
|  | | aaabc


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| Sujet: Re: expressions francaises Sam 22 Mar à 11:40 | |
| | Dès potron-minet >> Dès l'aube, le petit matin, les premières lueurs du jour … Le minet ici présent est bien un chat. Mais que peut bien vouloir dire potron? - Et quel lien peut-il bien y avoir avec une heure très matinale? - Pour les amateur d'argot, potron n'est pas une déformation de 'pochtron' : les pochtron-minets qui se saoûleraient au cocktail gin-tequila-Floc de Gascogne et qui auraient besoin de s'inscrire aux Alcooliques Anonymes sont très rares. A l'origine, dès le XVIIe siècle, cette expression se disait "Dès potron-jacquet", le' jacquet' étant l'écureuil, petite bestiole sympathique ayant la particularité de commencer à s'activer très tôt le matin. Quant au mot potron, il est une déformation de 'poistron' qui vient du latin 'posterio' qui veut dire 'postérieur' ou 'derrière'. En clair, l'expression originale veut dire "Dès que l'écureuil sort de son sommeil et daigne montrer son popotin". Donc très tôt le matin (sauf pour les écureuils ayant fait la nouba la veille). Mais le genre humain urbanophile perdant progressivement ses repères forestiers, le petit écureuil a finalement été remplacé par le chat, animal beaucoup plus présent dans les villes et également très matinal. Il existe une déformation récente de cette expression qui est "dès patron-minet", sans qu'on en connaisse l'origine. Elle peut être due à une plaisanterie par comparaison du patron à un arrière-train ou, plus probablement, de l'usage d'un mot courant remplaçant un mot devenu incompris et à la prononciation quasiment identique. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2240 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Sam 22 Mar à 11:40 | |
| | Tomber / pleuvoir des hallebardes / des cordes >> Pleuvoir très fort, à verse … Cette expression est citée par Furetière à la fin du XVIIe siècle. Pour ceux qui auraient oublié leur Histoire de France entre le XVe et le XVIIe siècle, une hallebarde est une sorte de longue lance munie à son extrémité d'un fer tranchant et pointu et de deux fers latéraux, l'un en forme de croissant, l'autre en pointe. Alors, bien sûr, il est aisé de faire la comparaison entre la lance pénétrante et ces grosses gouttes de pluie glaciale qui 'transpercent' atrocement le péquin moyen qui traîne dehors sous l'orage. Mais les choses ne sont toujours aussi simples qu'elle le paraissent. Selon Gaston Esnault, en effet, depuis le milieu du XVIe siècle, le mot argotique 'lance' désignait de l'eau puis, par extension, de l'eau de pluie[1]. Le verbe 'lancequiner', apparu plus tard, avait d'ailleurs le sens de 'pleuvoir'. Ce serait donc par simple substitution de quasi-synonymes que les hallebardes auraient remplacé les lances en y ajoutant une petite touche vieillotte, les premières étant, au moment de l'apparition de l'expression, en voie de disparition en tant qu'armes utilisées sur les champs de bataille. Pour ce qui est des 'cordes', qui tombent autant que les hallebardes, elles viennent simplement de la comparaison avec des cordes de ces traits que l'on observe lorsqu'une pluie tombe dru (cette comparaison étant également possible avec des lances - voir la citation de Victor Hugo dans les exemples). |
|  | | aaabc


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| Sujet: Re: expressions francaises Dim 30 Mar à 13:54 | |
| | Faire la barbe (à quelqu'un) >> Se moquer (de quelqu'un), le narguer. L'emporter, avoir l'avantage (sur quelqu'un) … Cette expression tombée en désuétude semble dater du XVIIIe siècle. Les avis sur son origine diffèrent. Selon Maurice Rat, elle viendrait des pratiques du Moyen-Âge lorsque les vainqueurs avaient pour habitude de raser la barbe des vaincus pour les humilier et s'en moquer (premier sens) après avoir eu l'avantage sur eux (deuxième sens). D'après Gaston Esnault, le premier sens, d'origine populaire, viendrait d'un geste fait avec le majeur et l'index réunis frottant le dessous du menton (la barbe) du bas vers le haut, geste comparable à celui que les gamins pouvaient faire encore récemment avec le pouce, en l'accompagnant d'un "bisque, bisque, rage !" Esnault n'explique pas le deuxième sens dont l'existence est confirmée par l'édition de 1798 du dictionnaire de l'Académie Française. À partir du XVe siècle, "faire la barbe" voulait aussi dire 'couper la tête' ou 'décapiter'. "Faire une barbe (à quelqu'un)" voulait dire 'duper'. Esnault indique que "faire la barbe" voulait aussi dire 'ennuyer', par rapprochement avec le sens argotique de 'raser', locution de laquelle découleraient le "tu me barbes" ou "la barbe !". Cette explication est toutefois rejetée par Cellard et Rey dans leur Dictionnaire du Français non Conventionnel. |
|  | | aaabc


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| Sujet: Re: expressions francaises Dim 30 Mar à 13:55 | |
| | Sur la paille >> Dans la misère …N'est-il pas fort sympathique d'être sur la paille à batifoler dans la grange avec la fille ou le fils du fermier (selon affinités)? - Alors pourquoi cette signification pour notre expression? - D'abord, qu'est-ce que la paille? - Au XIIe siècle, le mot désignait une balle (ou une botte) de blé avant, un peu plus tard, de désigner la "tige entière de céréales dépouillée de son grain". Maintenant, il s'agit plus généralement de la tige coupée de plantes diverses. C'est depuis le XIIIe siècle que la couche de paille est le symbole de la pauvreté. En effet, la paille est considérée comme le déchet d'une culture, comme une chose sans réelle valeur. Et dormir sur des déchets, ne pas avoir les moyens de s'offrir un vrai lit confortable et douillet, n'est-ce pas une véritable marque de pauvreté? - Cette expression est citée par Furetière au XVIIe siècle avec le verbe 'coucher'. D'autres versions apparaîtront ensuite avec des verbes comme 'être', 'finir', 'mourir' ou 'mettre'. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2240 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Dim 30 Mar à 13:55 | |
| | Etre à cheval sur >> Etre très exigeant, très strict sur. Attacher une grande importance, tenir rigoureusement à … Il est certain qu'un cavalier est à cheval sur... son cheval. Et on peut, sans crainte de se tromper, affirmer qu'il attache une grande importance à sa monture. Mais est-ce que cela suffit à expliquer notre expression? - Eh bien nous n'en sommes pas loin. Ceux qui sont si exigeants sur diverses choses que sont les principes, les règles ou l'orthographe, par exemple, sont des gens qui sont supposés bien les connaître et qui n'admettent pas qu'on s'en écarte ou les maltraite. Ne peut-on en dire autant du cavalier vis-à-vis de sa monture? - Et quand on voit des écoles comme le Cadre Noir de Saumur où les chevaux montés doivent apprendre à faire différents sauts, l'écuyer n'utilisant pas d'étriers, celui-ci ne doit-il pas être aussi fermement 'attaché' à son cheval que d'autres le sont à la qualité de l'orthographe ou au respect des principes? - Voilà autant d'images venues du monde équestre qui se sont répandues dans la vie de tous les jours pour donner naissance à notre expression dont la date d'apparition ne semble pas être exactement connue mais qui est citée par la version de 1832 du Dictionnaire de l'Académie Française. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2240 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Dim 30 Mar à 13:55 | |
| | Ne pas se moucher du pied (du coude) >> Se croire quelqu'un d'important. Avoir de grandes prétentions … Au XVIe siècle, quelqu'un qu'on "mouchait du pied" était quelqu'un qu'on bernait facilement. Donc un niais, assimilé à une chandelle qu'on aurait pu 'moucher' (ou éteindre) sans même avoir besoin d'y mettre la main. Le verbe 'moucher' y avait d'ailleurs aussi le sens de 'tromper' ou 'séduire avec des arguments trompeurs'. C'est à partir du XVIIe siècle que la signification a évolué. A cette époque, les saltimbanques (donc des gens de basse classe) pouvaient, dans la rue et grâce à leur souplesse, se contorsionner et se passer le pied sous le nez, comme s'ils se mouchaient avec. Par comparaison, les gens de la haute ne risquaient pas de se moucher du pied. A cette époque également, beaucoup de personnes de condition modeste avaient l'habitude de se moucher sur leur manche et quelqu'un qui se mouchait de la manche ou du coude était un malappris, aisément repéré par les taches vertes et gluantes sur son bras. Par contre l'élite de la société utilisait un mouchoir et n'avait donc aucun besoin de se moucher du coude. Ces deux variantes de l'expression permettaient de bien différencier la piétaille de l'aristocratie. Cette locution, dans sa forme négative, est petit à petit devenue ironique, pour désigner des gens imbus d'eux-mêmes, prétentieux, qui affichent de grands airs ou qui tentent de se faire passer pour des personnes raffinées, aisées ou intelligentes. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2240 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Dim 30 Mar à 13:56 | |
| | Avoir l'esprit de l'escalier >> Manquer de répartie. Ne pas pouvoir ou savoir répliquer sur le moment, mais après coup … Sauf si vous avez un sens fulgurant de la répartie, il vous est certainement arrivé de vous dire, après coup et en vous donnant tout un tas de noms d'oiseaux, que c'est telle ou telle chose que vous auriez dû rétorquer au malotru ou au brillant esprit qui vous a adressé la parole quelques minutes auparavant. Et si c'est le genre de réflexion que vous vous faites beaucoup plus souvent que vous n'aimeriez, alors c'est que vous avez l'esprit de l'escalier. Cela ne veut pas dire que votre esprit ne 'marche' pas, mais simplement que vous avez le cerveau lent (donc efficace uniquement les jours de grand vent...). D'où vient donc cette appellation? - Dans son ouvrage "Paradoxe sur le comédien" écrit entre 1773 et 1778, Diderot disait : « ...l'homme sensible comme moi, tout entier à ce qu'on lui objecte, perd la tête et ne se retrouve qu'au bas de l'escalier ». Il voulait dire par là que si, au cours d'une conversation, on lui avait objecté quelque chose, il en perdait ses moyens et ce n'était qu'une fois sorti, arrivé en bas de l'escalier de son hôte (donc trop tard), que la réponse qu'il aurait dû faire lui venait à l'esprit. L'escalier est ici le symbole de la déception de n'avoir pas dégainé à temps la réplique qui tue et qui met les rieurs de son côté, celle qui permet de briller en société. Certains attribuent la paternité de cette expression à Jean-Jacques Rousseau dans ses 'Confessions'. La période est la même, mais si Rousseau déplore bien ce qu'on appelle maintenant son esprit de l'escalier, je n'ai pas trouvé d'extrait où il utilise l'expression telle quelle. Bien sûr, on pourra objecter qu'on aurait pu aussi l'appeler "l'esprit du couloir" ou "l'esprit du portail", par exemple. Mais il est probable que c'est la répétition de la même syllabe au début des deux substantifs qui est la cause du choix du lieu. On dit aussi avoir l'esprit d'escalier. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2240 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Dim 13 Avr à 23:14 | |
| | A cheval donné on ne regarde pas la bride / la bouche / les dents >> Il faut toujours être content d'un cadeau reçu. On ne doit pas critiquer un cadeau, quand bien même aurait-il un défaut … Si la date d'apparition de cette locution proverbiale n'est pas connue avec précision, elle remonte à loin, puisqu'en latin médiéval, on disait déjà la même chose sous la forme "non oportet equi dentes inspicere donati". À cette époque, le cheval, principal moyen de locomotion, avait une importance autrement plus grande qu'aujourd'hui où il a été remplacé par le cheval-vapeur et le cheval fiscal. Celui qui se faisait offrir un cheval et qui avait du savoir-vivre devait en remercier chaleureusement le donateur, sans se préoccuper de savoir si la bride de l'animal était en mauvais état ou sa dentition laissait à désirer. Aujourd'hui encore, il n'est pas vraiment sympathique, vis-à-vis de celui qui vous offre un cadeau, d'en regarder les détails, d'en critiquer les éventuels défauts ou de dire qu'il ne vous plaît pas ; même si c'est hypocrite et même si l'hypocrisie est un vilain défaut. De nos jours on pourrait remplacer cette locution par "à lapin rose donné on ne regarde pas les piles" ou bien "à console de jeu donnée on ne regarde pas les manettes", par exemple. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2240 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Dim 13 Avr à 23:15 | |
| | Avoir bon pied bon oeil >> Avoir l'air alerte, vif, vigoureux, en bonne santé … Point n'est besoin d'être grand clerc pour comprendre l'origine de cette expression qui nous vient du XVIIe siècle et qu'on applique plus généralement à une personne âgée. Avoir "bon pied", c'est à la fois être stable en position debout et pouvoir marcher rapidement. Avoir "bon oeil", c'est avoir une très bonne vue. Celui qui combine les deux est donc assurément en bonne santé. Mais si le sens d'aujourd'hui paraît clair, on peut noter que le Dictionnaire de l'Académie de 1694 indiquait : « On dit au figuré "bon pied bon oeil" pour avertir un homme de prendre garde à lui. Et, que "il faut avoir bon pied bon oeil avec quelqu'un", pour dire, que "il faut être extrêmement alerte pour s'empêcher d'en être surpris". » Autrement dit, si la notion d'une personne alerte était déjà bien présente, c'était plus pour favoriser la vigilance et la capacité à échapper aux mauvais coups. |
|  | | aaabc


Age : 23 Inscrit le : 11 Sep 2004 Messages : 2240 Localisation : paname
| Sujet: Re: expressions francaises Dim 13 Avr à 23:15 | |
| | Nourri dans le / élevé au / faire partie du / être un enfant du sérail >> Se dit d'une personne qui n'ignore rien, qui a une longue expérience d'un certain milieu, d'un corps constitué … Le mot 'sérail' date de la fin du XIVe siècle. Il est issu du turco-persan 'serâï' qui signifiait 'palais' ou 'hôtel'. Il désignait aussi bien le palais d'un sultan dans l'ancien empire ottoman qu'un harem. Cette expression prend Racine dans la tragédie 'Bajazet' où le grand vizir Acomat explique à son ami Osmin que le sérail, qui est le palais du grand sultan de Turquie, n'a plus aucun secret pour lui : « Nourri dans le sérail, j'en connais les détours » L'image est simple à comprendre : celui qui est né et a longtemps vécu dans un certain lieu ou milieu est supposé le connaître parfaitement. Cette expression n'a réellement été utilisée qu'à partir du XIXe siècle. Selon Claude Duneton, cela vient du fait qu'à cette époque, un sérail désignait aussi un bordel, et que l'image de quelqu'un "élevé au bordel" avait dû plaire à ceux qui pratiquaient à la fois les maisons closes et les théâtres, à un moment où les tragédies de Racine bénéficiaient d'un second souffle. |
|  | | roger-le-Routier
 Modérateur

Age : 33 Inscrit le : 27 Oct 2004 Messages : 10099 Localisation : Sur la route...
| Sujet: Re: expressions francaises Lun 14 Avr à 9:46 | |
| | j'ai bien peur que personne ne lise ces messages si tu t'obstines à ne pas les rendre plus attractifs, par le biais de jeu par exemple... |
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