Histoire du désastre >>> Personne ne sait rien du déroulement de la mission avant le commencement des communications radio dramatiques qui ont annoncé le début de la tragédie. Il faut bien comprendre qu'en 1945, les avions sont loin d'avoir l'équipement de nos machines actuelles, dont notamment le GPS, il est presque impossible de nos jours à un pilote de se perdre, si son équipement de navigation est en ordre et est employé correctement. En 1945, pour un avion voler au-dessus de la mer, le pilote doit connaître son point de départ, combien de temps et la direction vers laquelle il a volé. S'il fait une erreur dans ses calculs de navigation, au dessus de l'océan sans aucun point de repère, il est perdu !!
Il y a environ une heure et demie que le vol 19 a quitté la base, le Lieutenant Robert Cox intercepte une transmission radio du leader Charles C Taylor. Ce dernier indique que les compas (boussole) ne fonctionnent pas, mais qu'il pense être quelque part au dessus des Florida Keys (les Florida Keys sont une longue chaîne d'îles au Sud de la Floride), à noter que les Avengers ne sont pas équipés d'horloge de bord, et que le leader n'a pas de montre ! (C'est du moins ce qui est admis comme réel).
Les transmissions radio sont fortement perturbées à ce moment par des stations radios commerciales émettant de Cuba, ce qui n'arrange rien à la situation qui doucement va virer au drame. Sur base des indications de Taylor, le lieutenant Cox l'invite alors à voler vers le Nord, vers Miami, s'il est sûr qu'il est au-dessus des Florida Keys. Mais apparemment le leader est déjà arrivé à un point de confusion tel qu'il ne sait vraiment plus déterminer sa position. C'est pourtant un pilote expérimenté, il commet alors une méprise fatale, il pense être au-dessus des Florida Keys, mais en réalité, il se trouve au-dessus des Bahamas !
Et voilà l'erreur mortelle qui se commet, en virant vers le Nord au-dessus des Bahamas au lieu des Florida Keys, Taylor entraîne sa formation, assurément vers le Nord, non vers les terres salvatrices de Floride, mais en direction de la pleine mer ! Le leader ne s'est pas rendu compte avoir volé aussi longtemps à l'Est vers les Bahamas, pour une raison indéterminée il croit s'être dirigé vers le sud, vers les Florida Keys. Cette pensée à laquelle s'est fermement accroché Taylor pour le reste du vol va avoir des conséquences fatales.
A 16h45, pour le personnel tentant de le guider par radio, les raisons de la perdition de Taylor entraînant ses hommes avec lui étaient devenues évidentes. Il est invité à passer le commandement du vol à un de ses élèves, mais il a apparemment refusé. Et pendant ce temps, l'éloignement progressif rend les communications de plus en plus faibles.
Le soleil doit se coucher à 17h29, et la situation est au plus grave, le crépuscule approche, le personnel constate avec horreur que le Lieutenant Taylor et ses appareils n'ont aucune idée de leur position et qu'ils sont complètement perdus. De plus les interférences atmosphériques des signaux radio s'intensifient avec le coucher du Soleil et les communications deviennent presque impossibles. A ce moment, ils entendent le Lieutenant Taylor hurler qu'ils volent au Nord- Nord-est pendant une courte période, puis feront route au Nord.
A 17h15, un bref message de Taylor annonce, dirigeons maintenant vers l'Ouest, une autre communication entre les avions captée au sol émanant du leader dit, qu'ils doivent se joindre, et que dès que l'un d'entre eux manque de carburant, ils descendent tous ensemble. Le soleil est maintenant couché sur Fort Lauderdale, de plus, un mauvais temps se déplace vers le Nord et la situation est en pleine urgence. Absolument plus personne n'est capable de savoir où se trouve le vol 19 et les spéculations vont bon train pour savoir où ils peuvent être.
A 18h00, pendant une courte période les communications s'améliorent, le leader est invité à commuter sa radio sur 3000 kilocycles, la fréquence de secours, il refuse de crainte de perdre le contact avec sa formation. Hélas, les interférences des radios commerciales cubaines qui continuent de plus belle perturbent la liaison chancelante due à la charge statique et aux conditions atmosphériques, le vol 19 est coupé du reste du monde ! Le centre d'évaluation de frontière de mer ComGulf, pense qu'il à la position approximative du vol, soit à l'Est de la nouvelle plage de Smyrna en Floride, et loin au Nord des Bahamas. Il faut remarquer que contrairement à ce qui a parfois été rapporté, depuis le début des difficultés, le temps est maussade, il pleut et le soleil a été plutôt rare.
A 18h20, il est enfin décidé d'envoyer du secours pour tenter de retrouver le vol 19, il s'agit de la formation 49, un hydravion Mariner, qui se dirige vers la supposée dernière position des appareils en perdition.
A 19h04, la dernière transmission du vol 19 est entendue, puis plus rien, la nuit d'encre de la pleine mer et les éléments déchaînés se referment sur la formation en détresse. Les avions ont du carburant pour voler jusque 20h00 ! Le sort s'acharne sur les équipages du vol 19 et la formation 49, le Martin Mariner en mission de secours, ne s'est pas rendu au point programmé et toutes les communications radio avec l'appareil sont interrompues, une nouvelle angoisse vient s'ajouter à l'inquiétude déjà au paroxysme des membres au sol.
A 19h50, l'équipage d'un bateau rapporte avoir vu une énorme boule de feu provoquée par l'explosion d'un avion. Il se rend sur les lieux et découvre une grande tache de pétrole, et ce qui ressemble à des débris d'avion, aucune trace des corps des membres de l'équipage à la surface. L'équipage du navire abandonne rapidement les recherches, les conditions météorologiques sont devenues épouvantables, il est impossible à n'importe qui de récupérer quoi que ce soit, mais nul doute qu'il s'agisse du Mariner. La position du crash est : 28°59'N - 80°25' W. Cet avion à la réputation d'être une "bombe volante" qui peut exploser à la moindre étincelle, la spéculation sur sa disparition est la suivante, l'un des hommes de bord, ignorant que la carlingue contient des vapeurs d'essence allume une cigarette, provoquant l'explosion de l'appareil en plein vol !
Et le vol 19 ? Continuant à errer en pleine tempête, dans la nuit, sans point de repère, la fin est inéluctable. A court de carburant, ils s'abîment dans les flots glauques et bouillonnants, en plein orage, engloutis par des vagues atteignant 50 pieds de haut et sont probablement envoyés par le fond en quelques secondes. Il est possible que le Lieutenant Taylor se soit trouvé dans la région de Freeport, car il est improbable qu'il confonde les Bahamas avec Florida Keys, vu la différence de taille et même Freeport est nettement plus grand. A remarquer également, l'importance des distances entre les terres éparpillées dans cette zone.
Il faut effectivement que les conditions météorologiques aient été mauvaises pour se perdre et ne pas pouvoir voler à vue. Au niveau de la mer l'horizon forme un cercle parfait or la distance en kilomètres de l'observateur à l'horizon est obtenue en multipliant l'altitude de l'observateur exprimée en mètres par 12,5, puis en prenant la racine carrée de ce produit. Si Taylor avait eut une excellente visibilité, en prenant de l'altitude, il aurait eut de fortes chances de trouver un point de repère. Toutes les vastes recherches entreprises par des bâtiments de surface et les avions pour les retrouver menées jusqu'au soir du 10 décembre 1945 se sont avérées négatives, rien n'a permis de localiser l'endroit exact de la disparition du vol 19, ni retrouver la moindre épave. Les recherches ont été abandonnées tant la mer était mauvaise. Il est supposé qu'ils se sont écrasés quelque part à l'Est de la péninsule de Floride.